Boké : grogne de « 454 » employés de la SMB confinés depuis 2 mois

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Depuis l’apparition de la pandémie de coronavirus dans notre pays, la société minière de Boke (SMB), a pris un certain nombre de dispositions pour protéger, dit-on, son personnel contre cette maladie. Elle a procédé à la réduction de l’effectif du personnel, plus de la moitié des travailleurs a été mis en congé technique. Mais depuis le 02 avril, 454 autres employés retenus pour assurer la continuité des travaux ont été hébergés dans les locaux à Kaboye base ville SMB, ancien bureau de la société où ils sont coupé de tout contact avec leurs familles. Après deux mois de restriction de leur liberté, ces travailleurs haussent le ton pour dénoncer leurs conditions de confinement à cet endroit. Depuis le mardi dernier, ces travailleurs ont cessé toute activité pour exiger le retour dans leurs familles respectives.

 

 

 

Selon un travailleur qui s’est confié à notre rédaction sous l’anonymat, ces 454 travailleurs traversent un véritable calvaire à Kaboye base ville de la SMB. Dans ces lieux, aucune mesure sanitaire n’est observé, nous dit-on, des lits sont à côte à côte, les travailleurs sont attaché dans les dortoirs, « voir images ». Ces travailleurs seraient repartis entre 6 salles. 90 travailleurs passeraient la nuit dans la grande salle appelée Batomba, au bloc4 et 5 on s’y trouverait respectivement 43 et 56 personnes. Cette situation de non-respect de la distanciation constituerait sans doute un risque de propagation de la maladie en cas où un travailleur serait déclaré positif à la covid19, s’est-il inquiété.

 

En plus du non-respect des mesures barrières, notre interlocuteur nous a fait comprendre que leurs conditions de vie aussi laissent à désirer.

« Il y a cela près de 3 mois nous n’avons pas vu nos bulletins de paie, les heures supplémentaires ne sont pas payé. C’est nous qui achetons nos mangés, l’argent que le PDG a débloqué pour nous, ils ne nous donnent pas. Au départ on recevait 20.000GNF comme nos dépenses journalières, c’est tout récemment qu’ils ont commencé à nous donner 40.000GNF par jour. Ici on achète le mangé à 15.000 et 20.000GNF par plat, c’est des mangés dont la qualité laisse à désirer, ils ne sont pas bien fait. Nous sommes tous malades ici », déplore un travailleur qui a requis l’anonymat.

 

Ne pouvant plus tenir cette situation alarmante, ces travailleurs ont débraillés pour exiger leur retour chez eux.

« Ça fait trois jours ce jeudi qu’on n’a pas travaillé, chacun a pris ses bagages pour retourner à la famille mais, ils sont encore venus pour nous manipuler afin qu’on reste. Tous les bagages sont au dehors, on se bat pour que chacun puisse avoir quelque chose pour rentrer chez lui, mais ils ont dit qu’ils ne peuvent. Le gouverneur de région a promis de venir aujourd’hui à 13h, c’est lui que nous attendons maintenant. On veut désormais qu’on quitte nos domiciles pour aller au travail, on n’est pas des esclaves, on n’a pas de visite même quand ta femme ou ton enfant vient te voir, ils n’acceptent pas de contact avec lui, tu ne le verras même pas. On n’a aucun contact avec nos parents a part des appels téléphoniques. Dans tout ça, le problème est que quand un travailleurs à sa femme ou son enfant malade, il ne peut rien faire pour lui, beaucoup de travailleurs ont perdus leur parents pendant et qu’ils  n’ont pas pu se rendre dans leurs familles. Il y en a qui ont perdus leurs enfants, ils n’ont pas pu participer aux funérailles et même les cérémonies de sacrifices de leurs enfants ou parents. Certains ont divorcé avec leurs épouses mais malgré tout ça les gens sont campés ici. Depuis qu’on est rentré dans ces dortoirs, on ira nul part, si on quitte ici c’est aller au travail après on revient encore. Le centre de santé qu’on a ici quand on va là-bas pour des soins ils te donne 5 comprimés de paracétamol, on est abandonné à nous-mêmes. Ils disent que tout est pris en charge mais c’est archi faux, rien n’est pris en charge, c’est nous qui payons tout. Un de nos amis a fait accident ici, il est tombé de la machine, il a des problèmes au niveau de sa haches, il n’a pas bénéficié de traitement ici, il a quitté pour aller se soigner on l’a licencié. On passe la nuit sur des lits sans draps », a dénoncé notre interlocuteur très en colère.

 

Facinet Camara pour fatalainfos

 

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