Les prix du transport de Conakry au reste du pays toujours à la hausse

0
1184

Les tarifs de transport entre Conakry et les autres villes de l’intérieur du pays n’ont connu qu’une légère baisse après le rétablissement par le gouvernement du nombre habituel de passagers dans les taxis et minibus. Ils ne sont plus doublés mais demeurent un casse-tête. En complicité avec les syndicats dans le domaine du transport, les conducteurs ont réussi à imposer des prix qui

s’appliquent déjà depuis plusieurs semaines. 

De Conakry à Pita par exemple, le prix normal du transport est de 120 000 par taxi et 90 000 francs guinéens par minibus. Mais ces tarifs n’existent plus que sur papier. Dans les gares routières ou autres lieux d’embarquement, c’est tout autre. Entre Conakry et Pita dont la distance est de plusieurs centaines de kilomètres, le coût du transport par taxi se négocie jusqu’à 160 000 francs guinéens. Avec les minibus, c’est entre 140 000 et 130 000 francs guinéens. Les transporteurs justifient le non respect des tarifs par deux raisons.
« La route n’est pas bonne. De Conakry à Labé c’est du calvaire. En saison des pluies c’est de la boue jusqu’à destination. En cette saison sèche, c’est de la poussière du départ à l’arrivée. En plus des barrages sont nombreux le long de la route. A chacun de ces barrages on paie 10.000 francs guinéens. Il y en a plus de 10. Imaginez plus de 10 barrages et 10.000 francs guinéens par barrage, ça fait une grosse somme d’argent. Compte tenu de tout ça, on a décidé de ne pas ramener les tarifs à 120.000 dans les taxis et 130.000 dans les minibus. Actuellement, de Conakry à Pita, on fait payer à 160.000 dans les taxis et 130.000 dans les minibus. C’est non négociable. C’est à payer ou à laisser. La route est entièrement dégradée. Du coup, nous sommes exposés tout temps à des pannes en plein parcours », indique un conducteur sous l’anonymat.
L’interlocuteur se dit sensible au coût très élevé du transport et du poids que cela pèse sur les citoyens. Mais il estime qu’il n’a pas le choix. « Ça me fait mal de voir la population subir les conséquences de la médiocrité du gouvernement. Nous n’avons pas une autre alternative que de fixer comme frais de transport des sommes dont nous pouvons tirer profit. Nous travaillons pour gagner et non pour le contraire ». 
En mars dernier, en raison de l’avènement du Coronavirus dans le pays, le chef de l’Etat avait pris de nombreuses mesures restrictives. Parmi elles, la réduction du nombre de passagers dans les taxis et minibus. Du coup, le prix du transport avait été doublé par les conducteurs aussi bien pour les déplacements urbains que ceux interurbains. Mais quelques mois plus tard, sous l’effet des cris de cœur des citoyens, le locataire de Sekoutouréya avait levé la restriction autour du nombre de passagers dans les véhicules de transport commun. Si cela a ramené les déplacements urbains à leur état initial, c’est loin d’être le cas pour ceux interurbains.
Oury Maci Bah

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici