Massacre de Zogota : Les avocats des victimes mettent la pression sur l’Etat à respecter la décision de la Cour de justice de la CEDEAO

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Au cours d’une conférence ce mercredi 23 décembre 2020 à la maison de presse de Kipé Dadya, le collectif ‘’ Même Droit pour Tous’’ et ‘’Avocates For Community Alternatives’’ a rendu public ce mercredi les attentes des victimes du massacre de Zogota.

Ces avocats et leurs clients demandent à l’Etat guinéen de se conformer à la décision de la Cour de justice de la CEDEAO condamnant les autorités à indemniser ses victimes et aussi de juger les auteurs et commanditaires de ce crime.

Le 10 novembre dernier, l’Etat guinéen s’est vu condamné par la Cour de justice de CEDEAO à payer 4,56 milliards de francs guinéens soit 240 millions à chacun des six victimes du massacre de Zogota dont le chef du district.

Dans la notification, l’Etat est soumis à exécuter cette décision pendant six mois à compter du 10 novembre 2020. Une décision de justice appréciée par sa juste valeur : « la plus fondamentale c’est de juger les auteurs de ce massacre. N’oubliez pas que la préoccupation des victimes de Zogota n’est pas que pécuniaire puis que les sommes quel que soit leur quantité ne pourront ramener ces six vies qui ont été sauvagement arrachées ni compenser la douleur dans l’âme », s’est indigné Maitre Antoine Pépé Lamah.

Alors qu’une enquête ouverte en septembre 2012 inculpait six hauts commis de l’Etat dans la région de N’Zérékoré. Huit ans après selon président de ’’Même Droit pour Tous’’ aucune procédure judiciaire n’a été ouverte jusque là : « La justice n’a jamais fait son travail. En tout cas tous les actes de procédures qui avaient été émis pour demander aux forces de l’ordre et de défense qui avait été cités longuement dans cette affaire, n’ont jamais comparus devant la justice. C’est ce qui nous a d’ailleurs poussé à saisir la cour de justice de la CEDEAO afin que l’Etat puisse s’exécuter», a expliqué Me Frédéric Foromo Loua.

Si la justice joue le silence en refusant d’assumer ses responsabilités, cela est appelé ‘’violation d’un droit à recours effectif’’ a ajouté Me Antoine Pépé Lamah, l’un des avocats membre du collectif du FNDC. Avant de rappeler que la décision de la Cour de justice de la CEDEAO est exécutoire à l’unanimité aux quinze Etats membres de cette instance dont la Guinée est membre.

Agnès Damba.

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