Situation sociopolitique : l’ONG Alternatives Citoyennes-Guinée adresse un mémorandum pour la libération des détenus politiques et l’amorce d’un dialogue inclusif en Guinée.

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Mesdames et messieurs les acteurs de la vie publique nationale de notre pays. C’est tout d’abord un honneur pour nous, membres de l’ONG Alternatives Citoyenne-Guinée (AC-G), de nous acquitter d’un devoir pour le moins sacré : celui de vous faire part du présent mémorandum pour vous interpeller sur une question aussi nécessaire que vitale pour notre pays.

 

 

 

 

En effet chers(es) messieurs et dames, notre pays a vécu presque les vingt (20) dernières années dans une situation de crises politico-sociales à la fois cycliques et systémiques. Lesdites crises, vous le savez tous ont globalement pour causes, la gouvernance, le non-respect des textes et valeurs de la république et surtout le fait pour certains acteurs de la vie publique de ne pas avoir la GUINÉE au centre de leurs préoccupations.

 

Mesdames et messieurs, Certes la sonnette d’alarme que nous lançons ambitionne de mettre un terme à deux décennies de crises. Mais nous voulons à travers cet objectif, pour le moins ambitieux, mettre le curseur sur les développements enregistrés en terme de désaccord entre les enfants du pays durant les deux dernières années. Autrement dit, inviter les acteurs du moment à se mettre ensemble et à repenser les plaies les plus fraiches qu’a connu notre société durant les deux dernières années en particulier. Et après, un travail de pédagogie sera entrepris par qui de droit pour se pencher sur les blessures du passé qui, il faut le souligner, sont à la fois nombreuses et profondes.

Chers cadres, l’objectif pour l’ONG Alternatives Citoyenne-Guinée, en vous adressant la présente lettre n’est pas de dire qui a raison ou qui a tort. Chaque acteur a des raisons que la raison peut parfois ignorer. Il est évident que dans des situations de crise comme celle qu’a connu notre pays, les responsabilités soient partagées à un certain niveau. « Il y a ta vérité, il y a ma vérité et entre nous se situe la vérité », disait un sage africain. Pour nous la seule vérité dans la situation que nous vivons aujourd’hui dans notre pays reste la GUINÉE. Donc encore une fois, le but premier que nous nous sommes fixé en nous prêtant à cet exercice n’est pas de trancher le débat, mais de rappeler aux uns et aux autres que tout ce que nous faisons dans la vie nationale, doit avoir pour finalité la PATRIE. Il ne s’agit pas d’un jeu de mots ou d’une simple rhétorique. Nous sommes convaincus que quel que soient ce que feront les uns et les autres, on finira toujours par se retrouver autour de la table de discussion. Vous êtes tous et toutes des homes et des femmes d’expériences. Et vous savez bien que mêmes les pays qui ont pris les armes les uns contre les autres, ils ont toujours fini par se retrouver et se parler. Pourquoi ne pas commencer par ce par quoi on finira ? Mesdames et messieurs, chacun dans cette histoire peut s’estimer être du côté de la vérité. Cela est un droit que nul ne saurai renier à quelqu’un. Mais, comme l’a mentionné le prophète de l’islam, citation : « l’homme fort n’est pas celui qui est fort en lutte, mais celui qui se maitrise sous l’emprise de la colère ». Pour notre part nous corroborons cette citation en disant que chacun de vous devrait être fort en sachant lâcher du lest. Cela (nous en sommes conscients) est facile à dire mais difficile à faire surtout dans un contexte où les faucons, tapis autour, sont nombreux et, il faut le dire avec regret, sont puissants. Mais quelques parts notre âme de leader s’affirmera dès lors que nous parviendrons à nous affranchir de l’emprise de ces faucons. Bruler le pays ne profitera à personne. Aujourd’hui nous avons des enjeux beaucoup trop importants pour nous laisser perdre le temps dans des guéguerres intestines qui ne nous conduira que vers le chaos. Autour de nous nous avons des voisins de la sous-région tous orientés vers le développement. Ne pas mettre nos différends de côté pour prendre la même direction sera pour nous une façon de manquer le rendez-vous de l’histoire. Nous avons des défis en matière d’infrastructures routières, portuaires, scolaires, sanitaires etc…

Nous devons gagner de façon impérative le combat de l’autosuffisance alimentaire. L’industrialisation de notre économie, la condition sine qua none de la réduction du taux endémique de chômage, attend encore d’être une réalité. La lutte contre la corruption, le renforcement des acquis démocratiques, le respect des libertés individuelles et collectives doivent être priorisés. Ce sont en bref quelques défis qui en réalité devraient, à l’heure qui fait, être la préoccupation de chacun de nous.

C’est en cela que nous vous invitons chacun en ce qui le concerne à poser des actions concrètes allant dans le sens de la paix et du vivre ensemble.

D’abord au Chef de l’État, nous invitons, comme lui en suggère sa charge de père de la nation, de toujours continuer à s’armer de pardons pour diligenter la libération de tous les détenus politiques.

En le faisant il n’aura rien perdu en prestige, non. Au contraire, il se sera mis au déçu de la mêlé et surtout il aura montré sa grandeur et sa posture d’homme d’État, dont il a toujours fait preuve de par le passé. Il aura ainsi répondu à l’aspiration d’une majorité silencieuse de ses compatriotes. Ensuite, au nom toujours de cette majorité silencieuse, nous, Alternatives Citoyennes-Guinée, lui adressons l’invite d’ouvrir un cadre inclusif de dialogue afin de permettre à la Guinée de renouer avec la stabilité politique devant permettre au prochain gouvernement de répondre efficacement aux légitimes aspirations de nos populations.

Aux acteurs politiques de l’opposition, nous demandons humblement de saisir toute opportunité de dialogue devant conduire à une paix sincère et durable. Dans un système démocratique comme le nôtre, l’opposition a forcément sa place dans le débat. Elle doit sans aucun doute occuper cette place pour une société libre et épanouie. Mais rien de tout ça ne saurait se faire sans un environnement de paix. De nombreux évènements parfois très douloureux se sont déroulés chez nous ces derniers temps et nous en sommes conscient. Nous estimons que les acteurs que vous êtes, devez tabler dessus lors d’une assise inclusive pour que plus jamais notre pays ne retombe dans de tel trouble. Cela est un rêve que seul un dialogue franc et sincère pourra nous permettre de réaliser. Nous restons convaincus que notre opposition, comme toujours, restera ouverte à toute main tendue dont le but sera de parler de notre beau pays la guinée.

A la société civile, nous attendons qu’elle mette tout en œuvre pour orienter les protagonistes vers l’entente mutuelle. Elle doit faire pression sur les uns et les autres en vue d’arracher un compromis devant garantir la paix et la stabilité dans notre pays. Cela a toujours été la préoccupation des acteurs qui composent cette société civile. C’est une préoccupation à la fois juste et légitime. Elle mérite ainsi d’être soutenue et défendue par les uns et les autres.

Nous attendons par ailleurs de notre société civile qu’elle se montre intransigeante et intraitable sur tout propos et toute attitude visant à mettre en péril la paix et la quiétude sociale dans notre pays. Pour le cas d’espèce, nous sollicitons d’elle qu’elle use de toute son influence (Dieu sait qu’elle en a), pour ramener les uns et les autres autour de la table.

 

Aux médias, nous attendons qu’ils offrent la tribune à tous discours et messages de paix et d’entente. Nous les invitons humblement à faire montre de responsabilité dans le relais des informations surtout lorsqu’elles sont sensibles. Nous sommes dans une ère de communication rapide. Et dans le contexte qui est le nôtre, la responsabilité du journaliste devrait l’emporter assurément. Stopper les messages de haine relève aujourd’hui plus qu’hier de la conscience journalistique.

« Les guerres prenant naissance dans l’esprit des Hommes, c’est dans l’esprit des Hommes que doivent être élevées les défenses de la paix », affirme l’UNESCO. C’est justement en cela que nous attendons des médias qu’ils s’emploient à cultiver la défense de la paix dans

l’esprit des hommes et des femmes qui composent notre société.

 

Vive la paix et l’unité nationale !

 

Mohamed Kaba

655 32 69 66.

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