A deux jours de la manifestation de l’UFDG et l’ANAD, toute protestation de rue est désormais interdite en Guinée par le gouvernement jusqu’à nouvel ordre. A propos de cette interdiction, les avis divergent. Certains citoyens la dénoncent et d’autres par contre trouvent qu’elle est nécessaire. C’est le constat fait par un des reporters de Fatalainfos.com à Lambanyi, un quartier en banlieue de Conakry.
Facinet Camara y habite. Il estime que même si « la manifestation est un droit », les politiques devraient « privilégier l’intérêt national ».
« Quelqu’un qui veut manifester c’est son droit. Mais celui qui veut sortir pour sa dépense quotidienne ne doit pas être empêché. Depuis 1990 ce sont les mêmes combats. Ce qui reste clair, chacun a son jour. Je veux dire aux politiciens de ne pas voir leur intérêt mais celui de la nation. Il faut voir le long de la route le prince. Tous les lampadaires ont été arrachés sous l’effet des manifestations. Ce n’est pas un bon signe pour la Guinée. La façon dont on est en train de tuer les innocents, ce n’est pas normal », ajoute-t-il.
Amadou Célestin Bayo, mécanicien rencontré dans le même quartier, enchaîne: « je demande à tout le monde de faire doucement. Le pays nous appartient tous. Faisons doucement pour le bonheur de la Guinée ».
Contrairement aux deux premiers intervenants, Abdoulaye Diallo voit l’interdiction de toute manifestation par le gouvernement comme une « politique politicienne ».
« Les élections se sont passées dans ce contexte. Vous avez vu comment les campagnes se sont passées. Mais quand ça arrange le gouvernement vous voyez des mobilisation partout. Alors pourquoi interdire l’autre. L’opposition aussi chaque fois elle veut manifester mais pourquoi ?. Mais si c’est pour la libération de leurs amis emprisonnés, il faut que le gouvernement arrête de kidnapper les opposants. Il ne faudrait pas qu’ils fatiguent les citoyens puisque le gouvernement lui, il a déjà eu ce qu’il veut. Moi en tant qu’encadreur d’école, ces manifestations pourraient jouer sur la rentrée des classes », se justifie-t-il.
Un autre citoyen qui a préféré garder l’anonymat se dit inquiet de la situation du pays. Selon lui, la meilleure façon d’éviter les manifestations: « c’est d’aller sur la table de négociation pour débattre de tout problème parce que de toute façon, ce sont des pauvres qui tombent ».
Agnès Damba.









