Boffa: les bouchers sommés à vendre le kilogramme de viande à 40 000 francs guinéens

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C’est une décision prise lors d’une réunion de concertation, hier mercredi 26 mai 2021, dans la salle de délibération de la commune urbaine. La rencontre a regroupé les présidents préfectoraux des bouchers, des éleveurs, de la chambre du commerce, les représentantes des femmes, les directeurs prefectoraux du commerce et de l’élevage, des élu locaux, le maire de la commune urbaine et le préfet. L’objectif était de chercher à connaitre les raisons du passage du prix du kilogramme de la viande de 40 000 à 50 000 francs guinéens.

Le maire de la commune urbaine de Boffa qualifie cette augmentation du prix de la viande en un temps record de fantaisie et de chantage. « Nous avons constaté une augmentation fantaisiste du prix de la viande à l’approche de la fête de Ramadan par les bouchers tout en faisant du chantage de 35.000, 40.000 jusqu’à 50.000 francs guinéens voire même 60.000 francs guinéens par endroits. Nous avons dit que cela est inadmissible. C’est la raison pour laquelle nous avons convoqué tous les bouchers, éleveurs, la direction préfectorale de l’élevage, du commerce et les représentants des femmes. Nous avons écouté toutes les parties et nous avons compris qu’il n’y a aucune raison de l’augmentation du prix. Au delà de tout, nous avons constaté qu’ils ne paient même pas les taxes. Si c’était les taxes qui étaient augmentées, ça pourrait être une des raisons de la hausse du prix, mais ils privent la population de Boffa pour envoyer les boeufs à Conakry. Nous avons fixé le prix à 40.000 francs guinéens. Nous avons insisté pour que tous les éleveurs soient recensés pour leur interdire d’aller vendre ces boeufs ailleurs », a dit Maître Saidouba Kissing Camara.

Pour la représentante des femmes, cette rencontre a été une importance capitale. Elle en a profité pour demander aux bouchers : « de comprendre la situation ». D’après elle, les femmes : « souffrent et les maris aussi ne travaillent pas. Quant on va au marché, on ne trouve pas les poissons. Quant on se dirige à la boucherie, là c’est pire. Les boeufs qu’on vend ici ne sont pas importés. Nous demandons aux autorités de nous aider auprès des sociétés de pêche chinoise de réduire le prix des poissons, parce qu’on ne voit plus de poissons au marché ».

Souleymane Diallo, représentant des bouchers de Boffa à la rencontre, a laissé entendre que: « la cause de l’augmentation du prix de la viande ne dépend pas de nous. Nous sommes aussi des citoyens de Boffa. On peut pas faire souffrir la population. Mais le problème est que tous les boeufs sont envoyés à Boffa, même pendant la fête de Ramadan, ça a été une très grande difficulté au niveau de l’obtention chez les éleveurs. C’est ainsi que que le prix a grimpé. Si nous prenons une vache, on ne peut pas l’avoir en dessous de 4 millions de francs guinéens. Actuellement au niveau de Bagataye, les chinois avaient pré-financé les boeufs à des sommes de 4 millions de francs guinéens. Sur, nous, on l’achetait à 3 millions selon le poids. Mais maintenant ces éleveurs qui nous vendaient les boeufs aux prix habituel ne le font plus. Ce sont des raisons de l’augmentation du prix de la viande ».

Pour sa part, le préfet suggère aux éleveurs de vendre leurs bœufs à Boffa. En plus, il prévient que le transport de ces bœufs à Conakry sera interdit. Il estime que c’est ce qui va freiner l’envolée du prix du kilogramme de la viande dans la préfecture.

« Les éleveurs doivent penser que ces bœufs ont été élevés ici et ont dévasté les champs de cette communauté. On ne peut pas leur priver la vente de cette viande. On leur instruit de vendre la viande aux boffaka. En deuxième lieu, on va instruire à tous les maires et sous-préfets d’interdire le transport des boeufs vers Conakry tant que la population de Boffa ne soit pas satisfait », dit le lieutenant colonel Abdourahamane

Le Directeur du commerce assure qu’il avait fait de son mieux pour la baisse du prix de la viande mais en vain. Maintenant que les autorités ont fixé elles-mêmes un nouveau tarif, il indique que ce sera appliqué à la lettre.

« Maintenant la sanction vient de tomber, alors moi mon rôle c’est d’appliquer ce qui a été pris qui est de ramener le prix d’un kilo de viande à 40.000 francs guinéens au lieu de 60.000 francs guinéens », prévient Ibrahima Kakil Kalivogui.

Ganda

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