À quelques semaines du double scrutin législatif et communal prévu le 31 mai 2026, le Front National pour le Développement (FRONDEG), dirigé par Abdoulaye Yero Baldé, durcit le ton. En cause : ce que le parti qualifie de manque de transparence dans le traitement de ses candidatures.
Face à la presse ce samedi 25 avril, la formation politique affirme que plusieurs de ses dossiers ont été rejetés dans des circonscriptions stratégiques telles que Ratoma, Kankan et Siguiri, sans qu’aucune notification officielle ne soit adressée aux concernés.
Le FRONDEG évoque une violation du Code électoral, notamment en raison de l’absence de motivation des rejets dans les délais légaux. Il soupçonne également des manipulations administratives, pointant du doigt des pratiques jugées irrégulières dans la gestion du processus.
« Aucune notification n’a été faite dans les délais, aucun motif n’a été communiqué au parti. Ces manquements constituent une violation manifeste des dispositions du Code électoral. Plus grave encore, il ressort d’informations concordantes que, postérieurement à la publication des listes provisoires, certains démembrements de l’administration électorale ont tenté de remettre aux mandataires des documents antidatés destinés à justifier a posteriori les rejets », a déclaré Abdoulaye Yero Baldé.
Le leader politique dénonce « une tentative de régularisation irrégulière d’une procédure viciée », qu’il estime contraire aux principes de sécurité juridique et de loyauté administrative.
Par ailleurs, le parti attire l’attention sur les dispositions des articles 241 à 243 du Code électoral, rappelant que le contentieux des candidatures relève de la compétence des tribunaux de première instance et qu’il doit s’inscrire dans des délais stricts, conditionnés par une notification régulière des décisions.
« En l’absence de notification régulière, les délais de recours ne peuvent courir, ce qui porte atteinte aux droits fondamentaux des candidats », a-t-il ajouté.
Autre point de discorde : la question du financement électoral. Le FRONDEG dénonce une fixation jugée unilatérale du montant des cautions, ainsi que le refus d’encaissement de certains paiements par le Trésor public, des pratiques qu’il considère comme discriminatoires.
En guise d’avertissement, le parti n’exclut pas un retrait pur et simple du processus électoral si ces irrégularités ne sont pas rapidement corrigées.
« À défaut de correction diligente de ces irrégularités, le FRONDEG se réserve le droit de tirer toutes les conséquences politiques qui s’imposent, y compris son retrait du processus électoral en cours. Il ne saurait être admis que les normes juridiques […] soient méconnues ou détournées dans leur application », a prévenu Abdoulaye Yero Baldé.
Alseny Dine CAMARA.









