Labé : un responsable de l’UFDG témoigne des persécutions subies par un militant du parti

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Un responsable fédéral de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) à Labé affirme qu’un jeune militant du parti aurait été victime d’arrestations arbitraires, de violences physiques et de menaces répétées en raison de son engagement politique.

 

Dans un témoignage rédigé à Labé le 16 juin 2025, Elhadj Ibrahima Bassala Baldé, secrétaire administratif fédéral de l’UFDG dans la région, dit connaître personnellement Mamadou Siradiou Bah, militant installé au quartier N’Djolou. Selon lui, ce dernier aurait rejoint officiellement le parti le 14 avril 2017 après avoir participé à un tournoi de soutien organisé au Stade Saïfoulaye Diallo.

Le responsable politique décrit un jeune « très engagé », réputé pour ses capacités de mobilisation et son aisance à prendre la parole lors des activités du parti.

D’après son récit, Mamadou Siradiou Bah aurait été arrêté une première fois lors des manifestations liées aux contestations des élections communales de 2018, notamment durant la journée du 24 octobre. Il affirme que le militant aurait été violemment battu par des agents de sécurité, subissant des blessures à la tête ainsi que des fractures aux deux bras.

« Il a été abandonné devant une concession avant d’être secouru plusieurs heures plus tard par des riverains », rapporte le document, précisant qu’il avait ensuite été admis à l’hôpital régional de Labé.

Le témoignage évoque également une période de forte pression sur les jeunes militants de l’UFDG dans la région. Selon le responsable fédéral, plusieurs d’entre eux auraient été menacés, humiliés, arrêtés ou encore transférés au camp militaire de Soronkoni, à Kankan.

Le texte revient aussi sur le contexte politique ayant suivi le coup d’État du 5 septembre 2021 conduit par le Colonel Mamadi Doumbouya. Si l’arrivée des militaires au pouvoir avait suscité de l’espoir chez une partie de la population, l’arrestation des responsables du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) en juillet 2022 aurait ravivé les tensions politiques, selon l’auteur du témoignage.

Le responsable de l’UFDG affirme par ailleurs que Mamadou Siradiou Bah aurait de nouveau été interpellé le 17 août 2022 lors d’une manifestation à Labé contre les autorités de transition. Il soutient que le militant aurait été détenu pendant sept jours sans jugement ni assistance d’avocat avant d’être libéré après le paiement de trois millions de francs guinéens par sa famille.

Depuis cette libération, poursuit-il, le jeune militant aurait continué à recevoir des menaces physiques et verbales, ainsi que des menaces de mort. Craignant pour sa sécurité, il aurait finalement quitté la Guinée.

À travers ce témoignage, le responsable fédéral affirme vouloir « servir et valoir ce que de droit ».

« Attestation de témoignage sur les faits de persécution politique en Guinée

Je soussigné, Monsieur Elhadj Ibrahima Bassala Baldé, Secrétaire administratif fédéral de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), section régionale de Labé, République de Guinée, certifie sur l’honneur les faits suivants :

Je connais personnellement Monsieur Mamadou Siradiou Bah, résident au quartier N’Djolou à Labé, pour l’avoir côtoyé régulièrement dans le cadre des activités politiques et citoyennes de notre fédération.

En 2017, il a été invité par des amis de classe à assister à un tournoi de soutien à l’UFDG organisé au stade Stade Saïfoulaye Diallo, à Labé. À l’issue de cet événement, marqué par une forte mobilisation militante, il a officiellement adhéré à l’UFDG de Labé le 14 avril 2017. Très engagé, il s’est rapidement illustré comme un important mobilisateur au sein du parti, notamment grâce à son aisance à s’exprimer en public et à sensibiliser les jeunes.

Lors des mouvements de contestation liés aux élections communales de 2018, notamment pendant les manifestations du 24 octobre 2018, il a été arrêté, violemment battu et maltraité par les forces de sécurité. Il a subi de graves blessures à la tête ainsi que des fractures aux deux bras, dont il porte encore aujourd’hui les séquelles physiques. Incapables de l’emmener avec eux après son arrestation, les agents l’ont abandonné devant une concession. Craignant les arrestations, les habitants hésitaient à intervenir. Ce n’est qu’après plusieurs heures qu’il a finalement été secouru par une famille voisine puis conduit à l’hôpital régional de Labé pour recevoir des soins.

À cette période, de nombreux jeunes influents de l’UFDG étaient régulièrement ciblés, menacés, humiliés ou arrêtés. Certains ont été portés disparus, tandis que d’autres auraient été transférés au camp militaire de Soronkoni, à Kankan, situé à plusieurs centaines de kilomètres de Labé, où ils auraient subi des actes de torture et diverses exactions.

Le 05 septembre 2021, le coup d’État mené par le Colonel Mamadi Doumbouya et les forces spéciales avait suscité un espoir important au sein de la population guinéenne, avec l’annonce d’une rupture avec les anciennes pratiques politiques et la promesse d’un État plus juste. Toutefois, l’arrestation des responsables du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), le 07 juillet 2022, a profondément choqué une partie de la jeunesse guinéenne qui réclamait leur libération. Depuis lors, de nombreux citoyens estiment que les engagements annoncés n’ont pas été respectés.

Selon plusieurs témoignages recueillis dans notre environnement politique, les méthodes de répression se seraient intensifiées, avec des cas signalés d’arrestations arbitraires, de disparitions forcées et de menaces visant des opposants ou des militants engagés.

Le 17 août 2022, à Labé, lors d’une manifestation de jeunes opposés aux actions du gouvernement de transition, Monsieur Mamadou Siradiou Bah a de nouveau été arrêté puis transféré au Commissariat central de police de Labé. Il y aurait été détenu durant sept jours sans jugement ni assistance juridique. Sa libération aurait finalement été obtenue après le versement d’une somme de 3.000.000 GNF par sa famille, résidant à Conakry.

Depuis sa libération, il affirme avoir continué à recevoir des menaces physiques, verbales ainsi que des menaces de mort. Face à cette situation et craignant pour sa sécurité, il a décidé de quitter la Guinée. À ce jour, plusieurs de ses proches et camarades militants seraient toujours portés disparus, sans nouvelles connues.

Je délivre le présent témoignage en toute bonne foi pour servir et valoir ce que de droit.

Fait à Labé, le 16 juin 2025. »

 

La Rédaction.

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