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samedi, janvier 28, 2023

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Education : quelles solutions pour améliorer les conditions de vie des enseignants ? (Opinion)

L’Education n’a jamais été, en réalité, une priorité des différents gouvernements qui se sont succédé en Guinée ou, tout au moins, ces deux dernières décennies. Ce qui, en grande partie, peut justifier les pitoyables conditions dans lesquelles vivotent les enseignants qui sont, sans aucun doute, les principaux acteurs du système éducatif. 

Quelles solutions pourrait-on envisager pour l’amélioration des conditions de vie des enseignants en Guinée ? En ce qui me concerne, je me fais le devoir d’en proposer quelques-unes qui impliqueront tant bien l’Etat que les enseignants eux-mêmes :

I-Solutions venant de l’Etat

1.1-Subvention alimentaire : Les enseignants sont de véritables soldats qui doivent être bien nourris à l’instar des hommes armés (militaires, gendarmes,…). Raison pour laquelle, il serait plus que judicieux de leur accorder une subvention alimentaire. Ce qui leur permettrait, sans doute, de se donner à fond pour le bien des apprenants. Il s’agirait, à ce titre, de nouer des partenariats solides avec les grands pays producteurs de riz (Chine, Inde,…) afin d’obtenir un rabais sur les prix des sacs de riz en faveur du corps enseignant guinéen.

1.2-Allocations familiales : Les enseignants, comme la plus part des guinéens, ont des familles nombreuses ; généralement, plusieurs femmes et de nombreux enfants. En plus, ils accueillent certains membres de leurs familles élargies (jeunes élèves, parents biologiques, jeunes apprentis,…). En fin de compte, quelque soit leur salaire, ils sont incapables de couvrir les besoins fondamentaux de leurs propres enfants, notamment les frais de scolarité.

Raisons pour lesquelles, nous suggérerons au gouvernement de penser à des possibilités d’octroie des allocations familiales aux enseignants afin de leur permettre de faire face au moins aux frais de scolarité et de fournitures scolaires de leurs enfants.

1.3-Des bus scolaires : Le transport dans les centres urbains, notamment à Conakry, coûte énormément à la population citadine y compris les enseignants. Selon mes estimations, un citadin dépense en moyenne, 7.000 GNF par jour soit 210.000 GNF par mois en moyenne. Alors qu’avec des bus scolaires réservés aux élèves, étudiants et aux enseignants, le tronçon pourrait revenir à 500 GNF au lieu de 800 GNF pour les Magbana (Mini-bus) et 1400 GNF pour les taxis. D’ailleurs, on sait que par manque de petites coupures (100 GNF), on paie 1000 GNF par tronçon dans les minibus et 1500 dans les taxis.

Les bus scolaires permettraient à chaque élève ou étudiant et enseignant d’économiser entre 500 et 1000 GNF par tronçon.

En plus, ces bus scolaires atténueraient le calvaire des élèves ou étudiants et enseignants qui, comme la plus part des passagers, sont contraints de faire une démonstration de force pour avoir un véhicule ou, tout au moins, d’accuser du retard avant de rallier leurs établissements scolaires.

1.4-Des logements sociaux :

Il est très fréquent de rencontrer des enseignants qui, après plus de deux décennies de services, vivent toujours sous le toit d’une maison en location. Généralement, ces responsables de familles sont entassés dans des chambrettes avec une dizaine de personnes (épouses, enfants, frères,…) dont ils peinent parfois de payer.

C’est pour ces différentes raisons que je suggère au gouvernement de penser à construire des logements sociaux avec option d’achat pour les fonctionnaires moyens en général, les pauvres enseignants en particulier.

1.5-Des microcrédits :

La meilleure façon d’aider les enseignants dans le cadre de l’amélioration de leurs conditions de vie, c’est de leur octroyer des microcrédits à court, moyen et long terme. Ces fonds permettraient aux pauvres enseignants d’entreprendre des activités lucratives dans le domaine agricole ou dans le tertiaire.

Ainsi, en plus de leur noble mission d’enseignants, ils contribueraient au progrès économique du pays. A ce niveau, les institutions bancaires pourraient être de très bonnes partenaires.

II-Solutions venant des enseignants

2.1-Bannir la polygamie :

La polygamie est source de multiples problèmes familiaux (jalousie mortelle entre coépouses ou confrères, conflits fratricides,…). Pis encore, lorsqu’elle est pratiquée et entretenue par de pauvres dont le salaire ne couvre pas les besoins fondamentaux de plus de trois personnes.

Ce qui est très écœurant c’est que cette pratique néfaste est généralement le fait d’hommes intellectuels tels les enseignants malgré leurs minables revenus. Pourtant, il n’est indiqué nulle part que la polygamie est obligatoire ; malheureusement, les gens agissent sous l’influence d’une tradition rétrograde et d’une religion dont ils ne maitrisent guère.

2.2-La planification familiale :

Les charges liées à l’entretien et à l’éducation d’un enfant sont très énormes. Avant donc de donner naissance à un enfant, on devrait s’assurer qu’on possède le minimum de moyens pour faire face à ses besoins vitaux et d’éducation. Malheureusement, on donne naissance à des enfants dont on ne peut pas assurer les charges ; ce qui pousse certains d’entre eux à se retrouver dans la rue. Les fonctionnaires de façon générale, les enseignants en particulier devraient donner le bon exemple car, comme on le dit souvent ‘’mieux vaut la qualité que la quantité’’. Donc, mieux vaut avoir peu d’enfants bien encadrés, bien éduqués et bien formés qu’une fourmilière humaine inculte. La planification familiale permet à tout un chacun de contrôler les naissances en fonction de ses possibilités à prendre en charge les enfants dont il mettra au monde.

2.3-Epargne et Entrepreneuriat :

La meilleure d’avoir une indépendance financière sans compter uniquement sur son salaire c’est d’entreprendre. On peut être enseignant ou de n’importe quel autre corps de métier tout en se lançant dans l’entrepreneuriat. Cela nécessite d’abord un peu d’économies obtenues grâce à l’épargne. Il est très marrant pour un fonctionnaire de passer plus de deux décennies de services sans avoir au moins un montant de 10.000.000 GNF comme épargne. Pour quelqu’un qui épargnerait 150.000 GNF par mois en l’espace de 10 ans, il aurait une somme de 18.000.000 GNF en banque. Ce qui, sans aucun doute, serait un bon départ pour se lancer dans l’entrepreneuriat ; au lieu de compter uniquement sur un salaire de misère.

En somme, comme nous venons de le constater, les revendications salariales ne peuvent être la solution idoine pour l’amélioration des conditions de vie des enseignants. Cela demande une multiplication d’efforts tant bien de la part de l’Etat que des enseignants eux-mêmes.

Mais, avons-nous des cadres compétents et intègres capables de mettre ces mesures en œuvre ? Wait and see !

Aboubacar Mandela CAMARA, sociologue/enseignant-chercheur/consultant en éducation. Tél. : 00224 628 13 36 09. Email : aboucamus86@yahoo.fr

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