La lutte contre le mariage forcé et le mariage des enfants a occupé une place centrale lors d’un side-event organisé en marge de la 62ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, à Genève. Cette rencontre, initiée par l’Alliance Féministe Francophone en partenariat avec Girls Not Brides et International Gender Champions, s’est tenue autour du thème : « Accélérer l’élimination du mariage forcé : priorités féministes francophones ».

Réunissant des acteurs de la société civile, des défenseurs des droits des femmes et des experts venus de plusieurs pays francophones, le panel a permis de mettre en lumière les réalités nationales ainsi que les stratégies nécessaires pour accélérer l’éradication du mariage des enfants.
Prenant la parole au cours des échanges, Hadja M’Mahawa Camara, Directrice exécutive du Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée, a souligné que le mariage des enfants en Guinée ne constitue pas un phénomène isolé. Selon elle, cette pratique s’inscrit dans un ensemble de normes sociales et culturelles qui contribuent à maintenir les filles et les femmes dans une situation de vulnérabilité et de subordination.

Elle a expliqué que ce continuum débute dès l’enfance à travers différents mécanismes de contrôle du corps, de l’autonomie et des choix des jeunes filles. Parmi ces pratiques, les mutilations génitales féminines ont été citées comme l’une des premières manifestations de ce contrôle social.
« Au-delà de l’atteinte à l’intégrité physique, ces pratiques véhiculent souvent des messages valorisant l’obéissance, la soumission et la préparation au mariage », a-t-elle déclaré.
Selon elle, de nombreuses filles sont ainsi progressivement amenées à accepter des décisions prises à leur place, ce qui limite leur accès à l’éducation, réduit leurs perspectives d’avenir et compromet leur capacité à faire des choix libres et éclairés.
Trois recommandations majeures
À l’issue des discussions, les participants ont formulé trois recommandations prioritaires à l’attention de la communauté internationale.
La première porte sur la mise en place d’un financement durable et conséquent en faveur des structures d’accompagnement, de protection et de prise en charge des victimes, aussi bien en Afrique qu’en Europe.
La deuxième concerne le renforcement des capacités des acteurs de la chaîne pénale, des professionnels de la protection et des services publics, afin de lutter contre les stéréotypes, prévenir la retraumatisation des victimes et améliorer leur accès à la justice.
Enfin, les intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer la collecte de données et les recherches scientifiques pour mieux mesurer l’ampleur du phénomène. Selon eux, le manque de statistiques fiables contribue à invisibiliser les survivantes et à fragiliser les politiques publiques destinées à combattre le mariage forcé.
Un appel à poursuivre la mobilisation
Les participants ont rappelé que la mobilisation doit se poursuivre tant que des milliers de filles continueront de voir leur enfance sacrifiée au profit de mariages imposés. Ils ont réaffirmé que la protection des droits des filles demeure une responsabilité collective qui exige l’engagement des États, des organisations internationales, de la société civile et des communautés.
« Tant qu’une seule fille sera privée de son droit à choisir librement son avenir, le combat devra continuer », ont-ils insisté en clôture de cette rencontre internationale.
La Rédaction.









