Guinée : la Banque mondiale appelle à transformer la richesse minière en emplois et en croissance inclusive

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Conakry, 12 octobre 2026 — La Guinée a enregistré une croissance économique de 7,3 % en 2025, portée principalement par l’expansion du secteur minier, notamment la production de bauxite, ainsi que par la reprise des services et la progression de l’agriculture. C’est ce qui ressort de la troisième édition du Rapport de suivi de la situation économique de la Guinée, publiée par la Banque mondiale sous le titre « Au-delà de l’exploitation minière : transformer la richesse des ressources naturelles en croissance du secteur privé et en emplois ».

Au-delà de ces résultats, l’institution souligne un défi majeur : faire en sorte que la croissance économique se traduise par davantage d’emplois et une amélioration durable des conditions de vie des populations.

Simandou, une opportunité économique majeure

Le démarrage des exportations de minerai de fer du projet Simandou ouvre de nouvelles perspectives pour l’économie guinéenne. Selon les projections présentées dans le rapport, la croissance pourrait atteindre 8,8 % en 2026, 11,6 % en 2027 et 10,7 % en 2028, avec la montée en puissance des activités minières.

Toutefois, la Banque mondiale rappelle que les investissements miniers ne garantissent pas, à eux seuls, une création suffisante d’emplois. Une grande partie de la population travaille encore dans des activités informelles à faible productivité, tandis que l’emploi salarié formel reste limité.

L’enjeu consiste donc à mieux relier les investissements miniers au reste de l’économie, notamment aux entreprises locales, aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux secteurs capables de créer davantage d’emplois.

L’agriculture et le secteur privé au cœur des recommandations

Le rapport met également en avant le potentiel de l’agriculture, qui représente environ 32 % du produit intérieur brut (PIB) et plus de 60 % des emplois en Guinée. Pour la Banque mondiale, ce secteur constitue un levier important de création d’emplois, de réduction de la pauvreté et de diversification économique.

L’institution recommande notamment d’améliorer les infrastructures rurales, la conservation des produits après récolte et l’accès des producteurs aux marchés. Elle préconise également de renforcer l’accès des PME au financement, de développer les compétences des jeunes et de favoriser une meilleure participation des entreprises guinéennes aux activités liées aux grands projets miniers.

Des performances économiques qui restent à traduire en bénéfices pour la population

En 2025, l’inflation a reculé à 3,2 %, selon le rapport, contribuant à une amélioration du pouvoir d’achat des ménages. Malgré ces évolutions positives, la Banque mondiale estime que les bénéfices de la croissance restent inégalement répartis.

Le document souligne aussi les pressions sur les finances publiques : les recettes totales ont atteint 18,2 % du PIB en 2025, tandis que le déficit budgétaire s’est établi à 8,9 % du PIB, selon les données présentées dans le rapport.

Pour la Banque mondiale, la réussite économique de la Guinée ne dépendra donc pas uniquement du volume des investissements miniers ou du niveau de croissance. Elle reposera également sur la capacité du pays à diversifier son économie, à renforcer son secteur privé, à investir dans le capital humain et à faire bénéficier une plus large partie de la population des retombées de ses ressources naturelles.

Source : Groupe de la Banque mondiale.

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