L’Observatoire de la Rencontre Africaine des Droits de l’Homme-RADHO a présenté ce jeudi 26 novembre 2020 une étude sur les personnes à risque d’apatride en Guinée. À travers une conférence qu’elle a animé à la maison de la presse de Kipé Dadya dans la commune de Ratoma, ces enquêteurs ont formulé des plaidoiries auprès des Etats du monde pour doter des apatrides des documents authentiques devant leur permettre d’exercer leur droit civique.

C’est une enquête effectuée en début d’année dernière entre février mars et avril. L’objectif, selon le Coordinateur de la RADHO, est d’identifier les personnes apatrides dans les foyers de refugiés en Guinée. Mais cette étude n’a rien révélé sinon que des cas suspects, Moussa Samoura : « Mais nous avons rencontré des personnes potentiellement exposées. C’est-à-dire, des personnes qui étaient là pendant plus de 10 à 20 ans et qui n’ont pas accepté avoir des nationalités et qui n’ont pas accepté de se retourner dans leurs pays d’origine. Et ils étaient là dans l’espoir d’être réinstallés dans les pays occidentaux. HCR le faisait vers les années 1990 à 2000 ».

Selon le conseiller juridique de la RADHO, les conventions de Genève en 1954 et celles de 1962 visaient à réduire l’apatride pour que toute personne née sur un territoire ait une nationalité. Mais pour diverses raisons surtout politiques, ces concernées sont exposées à des contraintes de la loi: Alpha Mamadou Diallo : « Si vous regardez la loi organique qui défini qui est étranger, il considère que l’apatride est un étranger puis que c’est une personne qui n’a pas la nationalité guinéenne. Que dire si vous vous épreniez à un apatride ? Apparemment y’a aucun Etat qui va le protéger ».
Cette situation des personnes apatrides compromet non seulement les adultes mais aussi leurs enfants. Moussa Samoura confie que des plaidoiries sont engagées auprès des autorités de ces Etats pour leur faciliter une intégration : « Eventuellement ces personnes ont eu à avoir des progénitures qui ont droit à avoir des extraits de naissance. C’est pourquoi d’ailleurs nous avons commencé à sensibilisez ces personnes soit de retourner ou qu’elles acceptent de s’intégrer. Et en même temps, mener des plaidoyers auprès des Etats d’accepter d’accorder des nationalités. C’est l’objet de la déclaration de Banjul en 2017 ».
L’enquête menée en 2019 selon la RADDHO a touché trois zones du pays à savoir : Macenta à cause de la rébellion de 2000, Conakry par sa convoitise et Forécariah par des conflits terriens qui opposent très souvent mes villages frontaliers avec la Sierra-léone.
Agnès Damba









