Cette prière collective surérogatoire, pratiquée durant tout le mois de Ramadan, est désormais perçue comme un casse-tête par certaines personnes, notamment des jeunes. En cause, la durée, jugée excessive. À Koloma, par exemple, elle s’étend sur deux heures (de 20h30 à 22h30), voire plus dans certaines mosquées.
Depuis plusieurs années, cette prière est accomplie à Conakry de la même manière qu’à la Mecque en terme de durée, c’est-à-dire réciter l’intégralité du Coran durant les 29 ou 30 jours du Ramadan, soit la Fatiha et une demi-page par rak’ah. Mais à Koloma, cette pratique commence à susciter le mécontentement.
Les concernés envisagent de boycotter ladite prière et de la faire en solo chez eux. Ils disent ne pas comprendre qu’elle soit transformée en calvaire. Pour eux, cet état de fait signifie qu’un principe de la prière collective est bafoué par des imams.
« La prière collective doit être modérée. Autrement dit, elle ne doit être ni trop longue ni trop courte. Toutes sortes de personnes y participent. Certaines sont si malades qu’elles ne peuvent rester debout longtemps, ni retenir leur ablution plus de cinq minutes. Mais dans notre mosquée, ce côté est foulé au sol », réagit un jeune au sortir d’une mosquée de Koloma, où il venait d’accomplir la prière de Tarawih.
À Koloma, une mosquée est réputée pour la lenteur des prières. Elle est appelée « ka Marquage ». Un jeune, récemment installé dans le quartier, a effectué la prière de Tarawih mardi dernier dans cette mosquée. Mais il jure de ne jamais y remettre les pieds.
« Comme j’habite tout près, je suis allé y prier mardi. Mais je l’avais regretté. Je n’y retournerai pas », prévient Moussa Fofana.
La prière de Tarawih est devenue l’occasion d’évaluer le niveau de mémorisation du Coran de plusieurs disciples de différents centres d’étude coranique. C’est ce qui explique leur forte implication dans la gestion de ce type de prière.
En ce mois de Ramadan, dans de nombreuses mosquées de Conakry, les imams cèdent la place à ces disciples dès après la prière d’Al Isha. Il s’agit généralement d’adolescents qui ont mémorisé le Coran.
Oury Maci Bah pour Fatalainfos.com









