C’est une pratique peu évoquée mais très fréquente dans les familles. Nombreuses sont des jeunes filles qui n’ont jamais été en possession des sommes d’argent données en guise de dot les jours de leur mariage. Une victime s’est confiée sous l’anonymat à un reporter de Fatalainfos.com. Elle révèle que c’est sa propre mère qui a « utilisé sa dot ». Le fait remonte à octobre 2019 dans le quartier Lambanyi.
1 000 000 de francs guinéens, c’est le montant qui avait été donné comme dot le jour où le lien du mariage a été établi entre elle et son époux. Mais d’après elle, cet argent n’est jamais arrivé dans ses mains.
« Quand le lien de mariage a été fait à la mosquée, l’argent donné comme dot a été remis, dans un premier temps, à mon oncle paternel. D’ailleurs c’est lui qui a été pris comme témoin de mon mariage. Ensuite il est allé remettre l’argent à ma mère. C’était une somme d’un million de francs guinéens. Le lendemain du mariage, mon oncle a dit qu’il a remis ma dot à ma mère. Alors j’ai demandé à ma mère mais elle a dit qu’elle était en manque d’argent pour son commerce. Elle a demandé de lui prêter l’argent qui a servi de dot à mon mariage en promettant de me le rembourser très prochainement. J’ai accepté. Six mois après, je lui ai demandée de me rendre l’argent. Elle s’est fâchée et m’a criée dessus. Finalement j’ai regretté de lui avoir prêtée l’argent. Je me suis mariée en octobre 2019 et j’ai un enfant de sept mois. Mais jusqu’à présent ma mère ne m’a restituée l’argent de ma dot. C’est ma mère, ça je le sais. Mais ça ne veut pas dire qu’elle a droit à se servir de ma dot et à ne pas me la rembourser. Elle a eu sa dot à elle. Je n’étais pas encore née. Si quelqu’un lui prenait sa dot comme elle l’a fait avec moi, elle n’allait jamais oublier cela. Je préfère ma mère à l’argent mais une dot, c’est un symbole. La seule qui doit s’en servir c’est la vraie propriétaire. Je suis l’unique et la vraie propriétaire de ma dot. Les imams le rappellent souvent dans les mosquées. Quiconque confisque la dot de sa fille ira en enfer sauf si celle-ci lui pardonne. La dot est ce qui valide le mariage entre l’homme et la femme. C’est ma mère mais ce qu’elle a fait, c’est anormal », raconte l’interlocutrice.
La jeune fille est âgée d’une vingtaine d’années. Après deux échecs au brevet d’études du premier cycle, elle a arrêté les études en 2019. N’espérant plus un remboursement de sa dot, elle rassure qu’elle ne va plus en parler avec sa mère. Ainsi, elle risque d’être l’une des nombreuses jeunes filles qui ne se serviront jamais de leur propre dot.
Oury Maci Bah pour fatalainfos.com
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