À l’occasion du 36e Sommet de l’Union africaine, le chef de l’État guinéen a livré un discours axé sur la souveraineté économique, l’industrialisation du continent et le renforcement du panafricanisme pragmatique. Il s’agissait de la première participation de la République de Guinée à un sommet continental depuis l’avènement de la Cinquième République.
« Une première participation depuis la Cinquième République »
Prenant la parole devant ses pairs, le président guinéen a souligné le caractère symbolique de cette participation :
« C’est pour moi un honneur particulier de prendre la parole aujourd’hui pour la première participation de la République de Guinée à un Sommet de l’Union africaine depuis l’avènement de notre Cinquième République, à la suite de l’élection présidentielle qui a consacré la volonté souveraine du peuple guinéen de poursuivre la refondation de son État. »
Rappelant que la Guinée est membre fondateur de l’Organisation de l’Unité Africaine, ancêtre de l’Union africaine, il a insisté sur l’attachement historique du pays à l’idéal panafricain : une Afrique libre, solidaire, stable et résolument tournée vers le progrès.
Des résultats concrets attendus par les peuples
Dans son intervention, le chef de l’État a appelé à dépasser les déclarations d’intention :
« Nos peuples attendent des résultats concrets. Ils attendent de nous non seulement des déclarations, mais surtout des transformations tangibles dans leur quotidien : l’accès à l’énergie, à l’éducation, à la santé, à l’emploi et à la dignité économique. »
Il a mis en avant la dynamique de repositionnement diplomatique, économique et institutionnel engagée par la Guinée, fondée sur un principe clair : il ne peut y avoir de souveraineté politique durable sans souveraineté économique.
Trois priorités majeures pour l’Afrique
Le président guinéen a proposé trois axes stratégiques pour accélérer la transformation du continent :
1. L’industrialisation et la transformation locale des ressources
Exporter des matières premières sans valeur ajoutée « ne peut plus être la norme », a-t-il affirmé, plaidant pour une production et une transformation locales renforcées.
2. L’intégration économique et les infrastructures continentales
Routes, chemins de fer, énergie, numérique : sans interconnexion réelle, le marché africain restera sous-exploité, malgré la Zone de libre-échange continentale africaine.
3. Le capital humain
Éducation, formation technique, science, innovation et intelligence artificielle doivent devenir les piliers de la compétitivité africaine, a-t-il soutenu.
Un appel à un panafricanisme pragmatique
Le chef de l’État a réaffirmé l’engagement de la Guinée dans cette dynamique continentale, à travers son programme de transformation socio-économique à long terme, visant une économie diversifiée, créatrice d’emplois et respectueuse de l’environnement.
« Aucune réussite nationale durable ne peut se construire en dehors d’une Afrique forte, stable et intégrée », a-t-il martelé, appelant à un panafricanisme des projets concrets, des investissements structurants et de la solidarité économique.
En conclusion, il a lancé un message solennel à ses homologues :
« L’histoire nous observe. Nos peuples nous regardent. Nous avons aujourd’hui l’opportunité de faire entrer l’Afrique dans une nouvelle phase : celle de la transformation, de la souveraineté assumée et de la prospérité partagée. »
La Guinée, a-t-il assuré, « prendra toute sa part dans cet effort collectif, avec humilité, détermination et esprit de fraternité africaine ».
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