Dans le cadre du projet de reconstruction de la route nationale Mamou-Labé, de nombreuses habitations situées dans l’emprise de la route sont condamnées à la démolition. Entre désarroi des propriétaires et impératifs de développement, l’heure est à l’incertitude le long de cet axe stratégique.
La « croix rouge », signe d’un déguerpissement imminent
Le long de la chaussée, le constat est visuel et sans appel : des croix rouges barrent désormais les façades de plusieurs concessions. Ces marquages techniques annoncent une phase de libération des emprises, conséquence directe d’une occupation souvent jugée anarchique du domaine public. Si l’imminence des démolitions ne fait aucun doute, le calendrier exact des opérations reste, pour l’heure, le grand inconnu pour les populations visées.
« Le vendeur m’a menti » : le cri du cœur des sinistrés
Parmi les victimes, le sentiment de trahison prédomine. Bailo Bah, installé sur les lieux depuis deux décennies, ne cache pas son amertume. Contacté par notre rédaction, il pointe du doigt les transactions foncières douteuses :
« Je suis ici depuis plus de 20 ans. À l’époque, le vendeur m’avait assuré qu’il n’y avait aucun risque et que l’État avait déjà délimité son espace pour la route. Aujourd’hui, je réalise que j’ai été trompé », témoigne-t-il avec émotion.
Comme lui, de nombreux citoyens s’apprêtent à perdre l’investissement d’une vie, que ce soit par une destruction totale ou partielle de leurs bâtiments trop proches du bitume.
Entre études de faisabilité et début des travaux
Bien que la cérémonie de lancement officiel ait déjà eu lieu, les engins ne tournent pas encore à plein régime. Sur le terrain, les équipes s’attellent actuellement au déblaiement et à la finalisation des dernières études techniques de faisabilité. Une étape nécessaire avant que les bulldozers n’entrent en action pour permettre l’élargissement de la voie.
Un projet vital pour le Fouta Djallon
La reconstruction de cet axe est attendue comme le Messie par les usagers. Véritable poumon économique reliant le centre au nord du pays, la route Mamou-Labé est dans un état de dégradation avancée depuis près de vingt ans. Si le coût social s’annonce lourd pour les riverains, l’enjeu sécuritaire et économique de cette infrastructure demeure une priorité nationale.
Par Oury Maci Bah.









