Bien qu’électrifiée, la sous-préfecture de Mitty (Dalaba) est dépourvue de guichet de l’Électricité de Guinée (EDG). Pour s’acquitter de leurs factures, les citoyens doivent entreprendre un véritable périple vers le centre-ville de Dalaba. Entre frais de transport exorbitants et routes dégradées, le mécontentement grandit.
Une facture qui coûte doublement chère
À Mitty, le prix de l’électricité ne s’arrête pas au montant indiqué sur le reçu. Pour les usagers, la logistique représente un surcoût étouffant. En taxi, il faut débourser 30 000 GNF pour l’aller-retour. Pour ceux qui choisissent la rapidité de la moto-taxi, la note grimpe à 50 000 GNF (25 000 GNF le trajet). Un paradoxe frappant : le transport coûte parfois plus cher que la consommation réelle d’électricité pour certains foyers modestes.
Le « parcours du combattant » sur une route sinueuse
Au-delà de l’aspect financier, c’est l’intégrité physique des abonnés qui est mise à rude épreuve. Les 27 kilomètres séparant Mitty de Dalaba sont un calvaire :
Poussière omniprésente durant toute la traversée.
État de délabrement avancé de la chaussée.
Secousses violentes qui rendent le trajet épuisant, quel que soit le mode de transport.
Le cri du cœur des usagers
Hamidou Barry, résident de Mitty, exprime son désarroi : « Tous les deux mois, je vais payer ma facture à l’agence EDG de Dalaba. J’ai demandé un autre moyen de paiement qui ne m’oblige pas à me déplacer jusqu’à Dalaba, mais je n’ai pas obtenu de réponse positive. Je paie 15 000 francs guinéens pour l’aller, 15 000 pour le retour, ce qui fait un total de 30 000 francs guinéens si je prends un taxi. Si je prends une moto, je paie 25 000 francs guinéens pour l’aller, 25 000 pour le retour. On a vraiment du mal à payer nos factures. »
Une défaillance de service public
Le cas de Mitty n’est pas isolé. Plusieurs localités situées le long de l’axe Mamou-Labé, pourtant desservies par le réseau électrique national, souffrent de cette absence de points de paiement de proximité. Alors que la digitalisation des services est au cœur des débats, les citoyens de Mitty, eux, attendent toujours une solution simple pour un service de base.
Oury Maci Bah pour Fatalainfos.com.









