La cessation des activités juridiques dont le pays fait face depuis plusieurs jours pouvait être évitée si le procureur général avait accordé une attention aux huissiers de justice. C’est du moins ce qu’a fait savoir le président de la chambre nationale des huissiers dans son intervention mercredi dernier.
Maître Sory Daouda Camara accuse le procureur général près la cour d’appel et le parquet de n’avoir anticipé cette crise. ‹‹ Lorsque vous obtenez un jugement ou un arrêt, ce sont les huissiers de justice qui exécutent des décisions de justice. Et dans le cadre de leur mission, lorsqu’ils ont des difficultés, ils font recours à la force publique. Et cette force publique dans notre pratique n’est mise à l’épreuve par le billet d’un acte que nous appelons réquisition. C’est le procureur qui délivre cet acte. Et, c’est cet acte qu’il a cessé de délivrer nous déclarant avoir reçu des instructions de la plus haute autorité du pays à ne plus délivrer des réquisitions dans le cadre des exécutions d’expulsions et de déguerpissement. Dans un premier temps nous avons menés des démarches auprès du parquet mais aussi au cabinet de Monsieur le ministre de garde des sceaux. Lesquelles démarches n’ont absolument rien donné. C’est suite à cela que nous avons adressé un préavis de débrayage à Mr le procureur général près la cour d’appel dont ampliation a été faite à Mr le garde des sceaux ››, a-t-il dit.
Ces huissiers ne comptent pas faciter la tâche au Ministre de la justice qui multiplie des démarches tant qu’ils ne seront pas entendus: ‹‹ D’aucuns auraient pensé que sans solutions le Ministre aurait demandé aux huissiers de réprendre les activités. Tel n’a pas été le cas. Il a dénoncé les défaillances du parquet qui aurait dû éviter ce mouvement. Et on aurait pû ne pas aller à ce débrayage ››, a-t-il laissé entendre.
Agnès Damba









