Au lendemain du décès de Mamadou Diouma Bah, élève de 17 ans condamné dans une affaire présumée de fraude au baccalauréat unique, session 2026, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kindia est sorti de son silence. Face à l’émotion grandissante et aux nombreuses informations relayées sur les réseaux sociaux, le magistrat a livré sa version des faits et tenté d’apporter des éclaircissements sur les circonstances de cette disparition.
Selon le procureur Mamadou Bhoye Diallo, le jeune élève n’est pas décédé en détention, contrairement à ce qu’affirment certaines publications largement diffusées en ligne.
Le chef du parquet explique que Mamadou Diouma Bah souffrait d’une maladie rhumatismale et faisait déjà l’objet d’un suivi médical avant son incarcération. Son état de santé s’étant progressivement dégradé, il aurait été conduit à deux reprises à l’hôpital régional de Kindia. Face à l’absence d’amélioration, la décision aurait ensuite été prise de le remettre à sa famille afin qu’elle poursuive sa prise en charge médicale.
« Dès que le régisseur de la maison centrale m’a informé de la dégradation de son état de santé, toutes les dispositions nécessaires ont été prises. Comme son état ne s’améliorait pas, j’ai demandé qu’il soit confié à ses parents pour la poursuite des soins. Il était déjà suivi par un médecin. Malheureusement, il est décédé des suites de sa maladie », a déclaré le procureur.
Le magistrat est également revenu sur les conditions de détention des sept élèves condamnés dans cette affaire de fraude au baccalauréat. Il assure que les dispositions légales applicables aux mineurs ont été respectées.
Selon lui, les jeunes filles étaient détenues dans le quartier réservé aux femmes, tandis que les garçons étaient placés dans le quartier destiné aux mineurs.
Le procureur affirme en outre avoir effectué une visite à la maison centrale, au cours de laquelle il s’est entretenu avec les élèves concernés.
« Lors de ma dernière visite à la maison centrale, je les ai rencontrés et aucun ne m’a fait part de difficultés particulières. Le ministère public n’a d’ailleurs pas interjeté appel, estimant que la peine prononcée correspondait au minimum prévu par la loi », a-t-il précisé.
Profitant de cette prise de parole, Mamadou Bhoye Diallo a présenté ses condoléances à la famille du jeune défunt.
« Nous sommes profondément attristés par cette disparition. Nous présentons nos sincères condoléances à sa famille. Personne ne souhaite vivre une telle situation. Nous aurions préféré qu’il exécute sa peine, retrouve sa liberté et reprenne le cours normal de sa vie », a-t-il déclaré.
Le procureur s’est par ailleurs montré ferme face à ce qu’il qualifie de fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux. Il prévient que des poursuites judiciaires pourraient être engagées contre leurs auteurs.
« Je condamne avec fermeté la propagation de fausses informations. Nous envisageons des poursuites contre leurs auteurs. Je ne peux jamais m’opposer à ce qu’un détenu malade bénéficie de soins. Dès que j’ai été informé de la gravité de son état, il a été remis à ses parents afin qu’il soit soigné à l’extérieur. La prison n’a pas vocation à tuer. Elle est un lieu de privation de liberté où le condamné purge sa peine avant de réintégrer la société. La santé des détenus doit toujours être préservée », a insisté le magistrat au micro de nos confrères du site www.eclainfogn.com.
Le décès de Mamadou Diouma Bah continue de susciter une vive émotion à Kindia. Famille, camarades de classe et membres de la communauté éducative restent profondément affectés par cette disparition.
Alors que les réactions se multiplient et que le débat se poursuit dans l’opinion publique, de nombreuses voix attendent désormais une communication officielle de la famille du défunt afin d’apporter d’autres éléments sur cette affaire qui continue de soulever de nombreuses interrogations.
Rédaction Fatala Infos.









