Le décès du jeune Mamadou Diouma Bah, impliqué dans une affaire présumée de fraude lors des épreuves du baccalauréat session 2026 à Kindia, continue de susciter de nombreuses réactions et interrogations au sein de l’opinion publique.
Selon les informations recueillies, Mamadou Diouma Bah et plusieurs autres candidats auraient été interpellés au centre d’examen Koutoubou Sanoh en possession de sujets déjà traités, notamment celui de l’épreuve de chimie. Les documents saisis auraient été remis aux services de la gendarmerie par le délégué du centre afin de permettre l’ouverture d’une enquête.
Une mission venue de Conakry, mandatée par la Direction générale des examens, concours et passerelles, en collaboration avec les autorités judiciaires, a été dépêchée à Kindia pour faire la lumière sur les circonstances dans lesquelles ces candidats auraient obtenu les sujets d’examen. D’autres cas similaires auraient également été signalés dans certaines épreuves, notamment en philosophie et en géographie.
À l’issue de leur comparution devant le Tribunal de Première Instance de Kindia, sept candidats ont été condamnés à un mois d’emprisonnement avec sursis, selon des sources judiciaires.
Entre émotion et recherche de la vérité
La disparition de Mamadou Diouma Bah constitue une tragédie qui appelle au respect, à la retenue et à la compassion envers sa famille et ses proches. Toutefois, plusieurs observateurs estiment qu’il est important de distinguer l’émotion des faits établis.
La lutte contre la fraude aux examens relève des missions des autorités compétentes. Lorsqu’une infraction présumée est constatée, les personnes concernées peuvent être mises à la disposition de la justice conformément aux dispositions légales en vigueur. Si des responsabilités existent dans les circonstances ayant conduit au décès du jeune homme, elles devront être déterminées par une enquête rigoureuse et impartiale.
Ce que dit la réglementation
L’article 84 du règlement des examens est sans équivoque :
« Tout candidat pris en possession d’un téléphone ou d’un objet connecté est exclu de l’examen et ajourné à la prochaine session. Les documents ou téléphones saisis sont transmis au procureur aux fins d’enquête. »
Par ailleurs, l’article 351 du Code pénal relatif à la protection des enfants en conflit avec la loi précise :
« Pendant la procédure judiciaire, tout enfant en contact ou en conflit avec la loi est traité avec égard et sensibilité, d’une manière qui respecte sa dignité, compte tenu de sa situation personnelle, de ses besoins immédiats et spéciaux, de son âge, de son sexe et de son stade de développement. »
La piste sanitaire évoquée
Certaines sources évoquent également l’état de santé du défunt. Selon une source ayant requis l’anonymat, Mamadou Diouma Bah souffrirait de drépanocytose, une maladie génétique particulièrement sévère chez les personnes de génotype SS.
La même source rappelle que la drépanocytose demeure un important problème de santé publique en Guinée et dans plusieurs pays africains, en raison notamment des diagnostics tardifs et du manque de structures spécialisées. À ce jour, le Centre de Lutte contre la Drépanocytose (SOS Drépano-Guinée), basé à Conakry, demeure l’une des principales références nationales dans la prise en charge de cette maladie.
Des enquêtes attendues sur les réseaux de fraude
Au-delà du cas des candidats interpellés, plusieurs voix réclament que les investigations se poursuivent afin d’identifier et de traduire en justice les éventuels auteurs des fuites de sujets d’examen.
Des allégations font état de réseaux organisés impliquant des intermédiaires qui auraient intégré des candidats dans des groupes de messagerie pour leur fournir des sujets moyennant des sommes d’argent allant de 25 000 à 500 000 francs guinéens. Ces informations restent toutefois à confirmer par les résultats des enquêtes en cours.
En attendant les conclusions officielles, l’opinion publique reste suspendue aux investigations des autorités compétentes, seules habilitées à établir les faits et les responsabilités dans cette affaire qui a profondément marqué la communauté éducative de Kindia.
La Rédaction – Fatalainfos.com









