En colère contre le processus de déguerpissement, plus particulièrement celui de Kaporo-rail, Kipé et Dimesse qui était spectaculaire en février 2019, l’avocat de ces victimes souhaite une confrontation d’idées entre le Ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation pour éclairer la lanterne de l’opinion sur la notion de propriété.
Il estime que les autorités ne vont pas oser un tel débat. ‹‹ … Kaporo-rail, Kipé et Dimesse n’ont jamais été la propriété du colon ce qui veut dire que si l’État veut nous dire qui est propriétaire, il faudra qu’il nous explique depuis 1958 comment il en ai devenu jusqu’à maintenant. Parce que la loi a clairement précisé comment on devient propriétaire. Le code foncier qui a été adopté en 1989 précise que les biens de l’État doivent faire l’objet d’un titre foncier. Cela veut que vous qui occupez un terrain sans titre foncier et l’État qui n’a pas un titre foncier sur son bien, vous êtes égaux. Il faudra que vous compreniez que ce n’est pas le titre de propriété qui fait d’une personne propriétaire, c’est une preuve ou un acte probatoire. (…) J’aimerais bien lancé un défi au Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, de choisir le meilleur juriste qu’il a dans son département ou le meilleur fonctionnaire juriste en Guinée pour qu’on puisse débattre de la notion de propriété des personnes publiques. Que chacun puisse expliquer argument par argument pourquoi l’autre a tord, mais ils ne feront pas. Ce n’est pas parce qu’ils ignorent la loi mais ils le savent. Ils la maquillent par des discours bidons pour en dormir ceux qui ne sont pas victimes en attendant de passer les victimes d’aujourd’hui ››, a lancé Maître Alpha Yaya Dramé, avocat aux barreaux de Guinée et de Lille en France.
Agnès Damba









