Gratuité de l’enseignement en Guinée : « On pensait qu’avec la nouvelle Constitution, les frais d’inscription et de réinscription ne seraient plus d’actualité. »

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Près de deux mois après l’adoption et l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution, de nombreux Guinéens reprochent aux autorités d’en avoir mal expliqué le contenu. Ils se disent surpris que l’inscription et la réinscription dans les écoles publiques et privées du pays restent payantes, alors que, selon eux, l’éducation avait été promise comme étant 100 % gratuite lors de la campagne référendaire.

Au collège de Kipé, comme dans d’autres écoles publiques de Guinée, les frais d’inscription et de réinscription sont toujours d’actualité. Ce n’est pas tout : l’obligation de donner le prix d’un table-banc pour chaque nouvel élève inscrit y reste également en vigueur.

Une dépense de plus pour les parents d’élèves, allant souvent de 150 000 à 200 000 francs guinéens. Cet argent est censé servir à acheter un nouveau table-banc pour le nouvel élève inscrit, car les classes des écoles publiques sont généralement surchargées. Sauf que ce n’est jamais fait. Une fois le montant payé, c’est à l’élève de se chercher une place dans la classe où il sera installé.

Souleymane Diaby reproche aux autorités guinéennes d’avoir menti sur le type de gratuité de l’enseignement prévue par la nouvelle Constitution. Révélant avoir voté oui lors du référendum du 21 septembre dernier parce qu’il pensait que son adoption supprimerait tout frais de scolarité, il est surpris de constater le contraire.

« On pensait qu’avec la nouvelle Constitution, les frais d’nscriptions et de réinscription ne seraient plus d’actualité. Mais je me suis trompé. Tout ce que nous payions avant l’adoption de cette Constitution, nous le payons encore. Nous n’avons même pas l’impression de vivre sous une nouvelle Constitution », déplore-t-il.

À Safia, l’un des établissements scolaires privés de Conakry, la même déception se constate chez les parents d’élèves. Certains pensaient que la gratuité promise s’appliquerait également aux écoles privées. Mais

« Le Premier ministre Bah Oury a clairement affirmé qu’avec la nouvelle Constitution, même les cahiers et les cartables des élèves seraient fournis par l’État. Donc, nous, on pensait qu’on avait plus rien à payer. Mais on s’est finalement rendu compte que le gouvernement nous a mentis », remarque Saidou Sow, un parent d’élève.

La gratuité de l’enseignement dans les écoles et universités publiques n’est pas une nouveauté en Guinée. Mais elle n’inclut pas les inscription et réinscriptions. Ces deux aspects ont toujours été payants.

Par contre, les 200 000 francs guinéens que ces établissements scolaires exigent des nouveaux élèves comme prix de tables-bancs ne sont pas reconnus par le ministère de l’Éducation.

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