Guinée : L’enfer domestique des familles d’opposants, le cas alarmant des proches d’Abou Condé

0
27

Alors que la transition militaire s’est durcie en Guinée, les autorités semblent avoir instauré une nouvelle méthode de pression : s’en prendre aux familles des militants en exil. Depuis le départ clandestin d’Abou Condé, communicant du RPG Arc-en-ciel, son épouse et ses enfants subissent un harcèlement systématique, marqué par une arrestation arbitraire le 31 novembre dernier.

 

En Guinée, la « rupture » promise le 5 septembre 2021 ressemble de plus en plus à un cycle de répression sans fin. Si de nombreux acteurs politiques et membres de la société civile ont choisi l’exil pour échapper aux cachots du CNRD, ceux qu’ils laissent derrière eux sont devenus les nouvelles cibles d’un régime aux abois.

Un domicile transformé en zone de surveillance

Pour la famille d’Abou Condé, figure active de la communication du parti de l’ex-président Alpha Condé, la quiétude n’est plus qu’un lointain souvenir. Depuis que ce dernier a réussi à quitter le territoire pour sauver sa vie, après avoir connu la torture et huit mois de détention, sa femme et ses enfants vivent sous le joug d’une pression psychologique et physique constante.

Des témoignages font état de visites régulières d’hommes en uniforme et d’individus à bord de camionnettes banalisées, multipliant les « fausses enquêtes » au domicile familial. L’objectif est clair : terroriser l’épouse du militant pour qu’elle livre des informations sur la localisation ou les contacts de son mari.

Le traumatisme du 31 novembre 2025

Le harcèlement a franchi un palier critique à la fin du mois dernier. Le 31 novembre 2025, l’épouse d’Abou Condé et ses deux jeunes fils ont été les victimes d’une opération brutale. Selon nos informations, ils ont fait l’objet d’une détention arbitraire.

Arrachés à leur foyer, ils ont été soumis à de longues heures d’interrogatoires musclés par les services de sécurité. Bien que relâchés plus tard dans la journée, l’impact psychologique sur les deux enfants est dévastateur. « On ne s’en prend plus seulement aux idées, on s’en prend au sang, aux enfants qui n’ont rien à voir avec les joutes politiques », s’insurge un proche de la famille.

« La cobaye » d’un régime en quête de coupables

Ce n’est pas la première fois que la menace plane. Avant même son exil, Abou Condé rapportait que sa femme était traitée de « cobaye » par des partisans du pouvoir en place. Aujourd’hui, cette menace s’est matérialisée par des actes de séquestration qui soulignent la dérive dictatoriale dénoncée par les organisations de défense des droits de l’homme.

Le cas de la famille Condé est loin d’être isolé. Entre kidnappings, tortures et disparitions forcées, la Guinée de Monsieur Mamadi Doumbouya s’enfonce dans une ère de terreur où la solidarité familiale est criminalisée. Pour Abou Condé, qui a survécu aux coups de matraque et aux traumatismes crâniens en prison, l’exil a un goût amer : celui de savoir ses enfants et sa femme à la merci d’un pouvoir qu’il a osé critiquer.

Une lueur d’espoir éteinte

Le slogan de la « justice comme boussole » semble s’être fracassé contre les murs des cellules de détention. Aujourd’hui, la question ne se pose plus de savoir si la junte respectera ses engagements, mais plutôt qui sera la prochaine famille à être brisée par cette stratégie de la terreur.

Pour les proches des militants du RPG et du FNDC, la fuite reste l’unique solution pour échapper à une disparition physique, laissant derrière eux une nation où, selon l’expression populaire désormais consacrée, « ça ne va pas ».

 

Rédaction.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici