Massacre du Camp Boiro: les victimes invitent Alpha Condé à ouvrir le dossier

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En prélude à la commémoration des massacres du Camp Boiro, L’Association des Victimes à travers une conférence à la maison de la presse de Kipé a interpelé L’État guinéen à ouvrir une procédure judiciaire, au moins situer les parents des victimes sur cet événement.

Malgré des décenies passées, l’AVCB se rappelle toujours. Pour cette année, le thème porte sur «Les purges qui décimèrent l’élite guinéenne de 1969 à 1980 et de l’illégalité du tribunal populaire révolutionnaire ».

Abdoulaye Conté, président de l’AVCB « En 1959, malheureusement, commencent les tueries en Guinée. Les tueries vont être orchestrées et planifiées sous forme de complot pour arrêter des personnes considérées comme étant des adversaires potentiels de Sékou Touré », a t-il dénoncé.

Selon lui, ces tueries se programmaient sous forme de complot : « le premier complot intervient en 1960. C’est ce qu’on appelle le complot des intellectuels. Des lors, nous avons des intellectuels qui commencent à être tués. C’est le cas de Touré Fodé, Diallo Yaya; le deuxième complot, c’est celui des enseignants, en 1961. Et là, la crème des enseignants est passée par ce complot-là. Il s’agit de Keita Koumandjan, Traoré Mamadou dit Reotra, Baldé Asmiou,…des têtes de l’élite guinéenne.
Pratiquement tous les enseignants à l’époque ont soit fui ou été arrêtés. Ils ont abandonné l’école guinéenne qui est tombée au plus bas; le troisième complot, c’est le complot petit Touré… En 1969, Fodéba Keita est tué lui aussi au camp Boiro. A chaque fois, ce sont des dizaines, des centaines de morts; le quatrième complot, c’est le complot Kaman Diaby en 1969. Il faisait partie de l’élite de l’armée guinéenne. C’était le premier pilote de l’Afrique occidentale française. Ce sont : Kaman Diaby, Barry Diawadou, capitaine Diallo Thierno, capitaine Abou Soumah,… Ils ont tous été exécutés », a t-il rappelé.

Il faut rappeler que ces événements remontent de 1971. À l’époque, quatre victimes avaient tuées par pandaison sur le pont 8 novembre et 80 autres à l’intérieur du pays. Cinquante ans après, les victimes du régime de Sékou Touré condamnent l’acte malgré sa mort.
Ces victimes dénoncent par ailleurs, le silence du pouvoir d’Alpha Condé d’ouvrir ce dossier.

Il faut rappeler qu’une marche pacifique est prévue le lundi 25 janvier 2021 prochain à partir du pont 8 novembre jusqu’au camp Boiro.

Agnès Damba

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