Menacé de mort dans son pays, un jeune opposant guinéen opte pour l’exil

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Ils sont nombreux des jeunes opposants guinéens qui n’osent pas remettre pied dans leur pays d’origine. Certains se sont exilés dans des pays voisins de la Guinée et d’autres sont partis très loin. Amadou Bah est l’un d’eux. Connu pour son opposition à une transition assez longue et ses participations à différentes manifestations de rue pour le retour à l’ordre constitutionnel, il se sent dans le collimateur du CNRD.

Il a fallu plusieurs semaines pour qu’il donne de ses nouvelles après sa disparition lors de son dernier arrestation qui remonte au 10 mai 2023. Arrivé au Canada le 29 décembre de la même année, il y vit depuis. Son départ de la Guinée pour le continent américain est dû à son statut de militant de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée ), parti dirigé par l’opposant guinéen Cellou Diallo, lui-même en exil à Dakar au Sénégal.

Il était le représentant de l’UFDG à Madina, chargé de la mobilisation des jeunes. Plusieurs fois arrêté et emprisonné, il dit ne plus se sentir en sécurité dans son pays.
Le 16 février 2023, il a participé à une manifestation anti-Doumbouya organisée par le FDNC (Front National pour la Défense de la Constitution).

Au cours de cette protestation, il été arrêté et violenté avant d’être conduit inconscient à l’escadron mobile de Hamdalaye. Il est resté détenu à cet endroit pendant cinq jours. Dans la même journée du 16 février 2023, cinq jeunes manifestants ont été tués par balles.

Le 10 mai 2023, la ville de Conakry a été de nouveau secouée par des manifestations contre la junte militaire au pouvoir en Guinée depuis le putsch du 5 septembre 2021. Cette fois encore, il a été arrêté et brutalisé, puis déposé au tribunal de Dixinn, où, d’après lui, il a été torturé et victime d’injures ethnocentristes pendant quatre jours. À l’en croire toujours, il a dû « soudoyer » un agent de sécurité pour échapper au calvaire qu’il subissait.

Les arrestations, tortures et menaces de mort dont Amadou Bah a été victime n’ont pas commencé sous le CNRD. Le 22 mars 2020, date à laquelle s’est tenu le référendum très controversé qui avait permis à Alpha Condé de briguer un troisième mandat, il avait été arrêté pour avoir participé à des manifestations qui visaient à empêcher le déroulement de ce scrutin.

Le 10 novembre 2023, des agents des forces de l’ordre ont fait une descente musclée à son domicile. C’était pour procéder à des arrestation ciblées. Amadou Bah faisait partie des personnes à interpeller. Mais l’opération n’a pas abouti.

Avec la multiplication des arrestations contre lui, le jeune opposant s’est senti en danger de mort. Alors, il a opté pour l’exil et sa destination finale a été le Canada.

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