La Guinée a besoin de symboles forts. Le projet de N’Dimba, ou Nimba Tour, en fait indéniablement partie. Par sa portée symbolique, touristique et économique, il incarne une ambition nationale : celle d’une Guinée moderne, attractive et fière de son identité. Mais toute grande vision mérite un choix stratégique cohérent. Et c’est précisément sur la question de son implantation que le débat doit être ouvert, lucidement et sans passion inutile.
Le plateau de Koloma, envisagé pour accueillir le projet, se situe au cœur d’une Conakry déjà saturée. Cette zone stratégique subit une forte pression démographique, une circulation dense et des problèmes récurrents d’embouteillages. Y ajouter une infrastructure d’envergure nationale et internationale, destinée à attirer un flux massif de visiteurs, risque d’aggraver :
-l’engorgement urbain,
-les tensions sécuritaires,
-et les déséquilibres déjà criants de la capitale.

Faut-il, une fois de plus, concentrer l’essentiel des investissements structurants à Conakry, alors que le pays regorge d’espaces, d’opportunités et de potentiels inexploités ?
Une alternative crédible et visionnaire existe : implanter la Nimba Tour le long de la Route Nationale N°01, notamment entre Coyah et Kindia. Ce choix serait loin d’être anodin. Il s’inscrirait dans une véritable politique d’aménagement du territoire, capable de :
désengorger durablement Conakry,
attirer populations, investisseurs et visiteurs vers l’intérieur du pays,
favoriser l’émergence de nouvelles villes et pôles économiques,
valoriser des zones aujourd’hui sous-habitées et peu exploitées.
Les grandes nations ne se construisent pas autour d’une seule ville. EllePar créent des centres d’attraction multiples, connectés par des infrastructures modernes et pensés pour le long terme.
Faire le choix de l’intérieur du pays pour un projet aussi emblématique que N’Dimba, ce n’est pas reculer Conakry ; c’est faire avancer la Guinée toute entière.
C’est affirmer que le développement ne doit plus être centralisé, mais partagé.
C’est transformer un symbole architectural en levier d’équilibre national.
La Nimba Tour doit être un phare. Encore faut-il qu’elle éclaire tout le pays, et pas seulement sa capitale.
Par A. Sidiki Touré,
Consultant en Communication.









