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mercredi, juillet 6, 2022

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Transition en Guinée : Docteur Kouréissy donne son avis avec proposition de solutions à l’appui

Au compte de notre rubrique intitulée « A mon tour de parler », nous avons donné la parole au président du parti Alliance pour le Renouveau (ARENA) et membre de la plate-forme UPP. L’occasion a été pour lui de se prononcer sur plusieurs sujets concernant la situation actuelle du pays. Il s’agit entre autres de la délocalisation du conseil des ministres dans les grandes villes de l’intérieur, de la durée de transition désormais connue et de l’interdiction des manifestations de rue.

Nous vous proposons ci-dessous l’intégralité de notre interview avec lui :

Fatalainfos : Bonjour Docteur !

Dr Kouréissy : Oui, bonjour monsieur le journaliste !

Fatalainfos : Pour la première fois en Guinée, le conseil des ministres se tient à l’intérieur du pays. Ça vous dit quoi ?

Dr Kouréissy : Ça dépend de l’angle dont nous voyons la question, parce que sur le plan institutionnel, le président de la République peut s’abstenir de tenir le conseil des ministres partout sur l’étendue du territoire. En plus, est-ce qu’on avait besoin de ça maintenant là ? C’est ça la principale question. C’est-à-dire, il faut éviter de s’éloigner de l’agenda principal de la transition, il faut rester dans le cadre de l’agenda de la transition. Après cet agenda, la mise en place des organes de la transition, l’élaboration de la constitution, des lois organiques, la promulgation des lois, le code électoral et la préparation du retour à l’ordre constitutionnel. C’est fondamentalement cela, et à côté il y a un certain nombre de chantiers liés à la période parce que la rupture constitutionnelle est liée à un nombre de déficits ou défaillances que la transition prend automatiquement en compte, soit pour parachever ou pour engager. Donc, dans l’un ou l’autre cas, il serait préférable quand même de se concentrer et revenir sur les fondamentaux de la transition.

Fatalainfos : 36 mois, soit 3 ans, c’est la durée fixée par le CNT pour la transition en cours. Etes vous pour ou contre?

Dr Kouréissy : Vous savez c’est assez difficile de supporter les 36 mois qui sont trois ans et non loin d’un mandat ordinaire de 5 ans. Dans ce cas, il faut justifier et le faire. On a besoin d’un large consensus. Donc, il n’y a pas un large consensus là-dessus et la recherche de ce large consensus, se doit être une des priorités de l’équipe dirigeante actuelle. Nous, nous souhaitons vivement que tous partis politiques, toutes les forces concernées de la transition puissent se trouver des voies et moyens, une entente sur l’essentiel. Donc, ceci me paraît important. Dans les conditions actuelles, il est difficile de présenter et défendre trois ans de transition. Moi, j’ai toujours dit que le chantier de la réconciliation se devait être le principal chantier de l’unique transition pour faire la réconciliation sur la base d’un livre blanc de la transition, cahier de charge, de l’histoire de la Guinée et des perspectives que nous voulons offrir à la Guinée. Trois ans, pourquoi pas ! Mais, les premiers indicateurs ont démontré que la réconciliation fondamentale n’est pas la priorité des priorités. Ce qui rend un peu délicate toute autre justification (économique, financière, politique et démographique…). Tout a été essayé. Seule la réconciliation au vrai sens du terme. Donc, c’est difficile à condition que la transition commence le jour du coup de force le 5 septembre 2021, et cette condition c’est négociable.

Fatalainfos : l’autre sujet qui fait débat, c’est l’interdiction des manifestations de rue par le CNRD. Quel votre avis sur cette décision ?

Dr Kouréissy : Cette question, elle est très complexe. Nous l’Alliance Nationale et le Renouveau et la plate-forme UPP, nous sommes signataires du G58 mais nous représentons le courant modéré très réconciliateur. Nous avons examiné les différentes déclarations du G58 et réexaminé les différentes lettres et correspondances que nous UPP avons envoyées au gouvernement. A la lumière de tout ça, nous avons constaté qu’il n’y a aucune démarche qui soit de nature à faciliter la collaboration avec la classe politique actuelle. Face à ce constat, nous avons observé et entendu, et compris la nervosité de la classe politique qui a un sentiment d’exclusion. Soit on veut pousser les gens à l’extrême pour les faire révolter et ensuite faire quoi? Que faut-il faire pour que chacun puisse jouir de ses droits? Notre plate-forme a proposé la mise en place d’une commission ad-hoc pour faciliter le dialogue politique inter-guinéen, évaluer les points de divergences et les questions essentielles sur lesquelles pourrons nous entendre. Cela nous met à l’abri des pressions internationales et nous envoie aux solutions endogènes entre guinéennes et guinéens. J’invite, à cet effet, le CNRD à prendre en compte cette solution proposée parce qu’il faut prévaloir la raison de la force sur la force de la raison. En d’autres termes, il faut convaincre, il ne faut pas que la raison de la force prime sur la force de la raison.

Fatalainfo: Cette semaine Alpha Condé s’est exprimé chez Jeune Afrique. Une première depuis la chute de son régime en septembre dernier. Votre réaction là-dessus !

Dr Kouréissy : Je n’ai jamais été de l’entourage du Professeur Alpha Condé, et je considère que le coup d’Etat est intervenu sur des bases très claires et toute la classe politique, tendance politique confondue, société civile, nous avons pris acte du changement du régime. Ça veut dire que ça n’allait pas et je ne crois pas après le coup de force que ce débat soit important sur l’opinion d’Alpha Condé, sur la répartition des notes de ses anciens collaborateurs. Ce qui est important aujourd’hui, qu’il bénéficie des considérations de son statut d’ancien président, qu’il puisse jouir de sa liberté et se mettre en dehors des considérations politiques quotidiennes. Au CNRD de continuer à protéger courageusement les libertés, la justice pour qu’elle fasse son travail dans la plus grande transparence.

Fatalainfos : vous étiez tout récemment au Sénégal. Peut-on connaître les raisons ?

Dr Kouréissy : Je suis président d’un cabinet international qui a son siège basé au Burkina Faso, appelé Africancresis groupe qui travaille sur la gestion des crises, l’évaluation des crises dans les pays africains. A ce titre aussi, nous assistons à des conférences, ateliers et des commissions liées à la paix et sécurité dans les pays du Sahel.

Fatalainfos : merci Docteur, d’avoir répondu à nos questions.
Dr Kouréissy : c’est un plaisir et c’est à moi de vous dire merci.

Entretien réalisé par Mohamed Diakité

Tel: 627 10 61 56.

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