Un Guinéen en France se confie : « Ici, diplômé ou pas, les seuls emplois accessibles à un noir sont… »

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Visiblement, être noir reste une source de rejet et de mépris en France. Dans ce pays européen, qui a colonisé une grande partie de l’Afrique, trouver du travail est devenu un combat perdu d’avance pour les Guinéens et les autres Africains. C’est ce qui ressort d’une interview accordée à notre équipe de rédaction par l’un d’eux.

 

Il s’appelle Mountagha Bah. Arrivé clandestinement en France depuis le Maroc, puis depuis l’Espagne après un premier trajet par vol de Conakry vers le Maroc, il vit à Paris depuis sept ans.

Bien qu’il ne soit plus en situation irrégulière sur le territoire français et qu’il puisse désormais retourner en Guinée, son pays, et repartir à Paris quand il le souhaite, il n’a toujours pas trouvé d’emploi digne de la formation universitaire qu’il a reçue en France.

« J’avais déjà obtenu mon diplôme avant de quitter la Guinée. J’ai une licence de journalisme, obtenue à l’Institut de Kountia. À mon arrivée en France, j’ai eu l’opportunité de poursuivre mes études. Habituellement, un diplômé guinéen est relégué ici faute de qualifications suffisantes. Mais cela n’a pas été mon cas. J’ai passé un test que j’ai réussi, ce qui m’a permis d’intégrer directement le master de journalisme. J’ai suivi ce cursus et obtenu le diplôme correspondant. Mais je n’ai trouvé aucun emploi en lien avec ma formation », explique le jeune guinéen

Sûr de son talent et de sa formation, Mountagha Bah pensait pouvoir travailler pour une station de radio française, par exemple, ou pour un site d’information basé en France. Mais d’après lui, toutes ses candidatures dans le domaine de ont échoué.

« J’ai passé un an à postuler à des emplois dans des entreprises de médias ici en France, ou dans le marketing, mais sans succès. J’ai envoyé des candidatures partout, et je n’ai jamais eu de réponse », poursuit Mountagha Bah.

Ce Guinéen refusait de croire que les seuls emplois accessibles à la plupart des noirs en France s’apparentaient à de l’esclavage.

« Ici, diplômé ou pas, les seuls emplois accessibles à un noir sont la livraison, les maisons de retraite, les champs, etc. Personnellement, je travaille dans une maison de retraite. Malgré mon niveau d’études, mon travail consiste à laver les personnes âgées, à les nourrir, bref, à m’occuper d’elles », confie-t-il.

Mountagha Bah explique qu’il continue de vivre en France par nécessité. Selon lui, s’il avait su à quel point le mépris envers les noirs était profond dans ce pays, il n’aurait pas dépensé autant d’argent pour y entrer illégalement.

Il est convaincu que les sommes dépensées pour quitter la Guinée et rejoindre l’Europe via le Maroc lui auraient permis de créer un business prospère à Conakry.

 

Oury Maci Bah pou Fatalainfos.com.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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