L’armée guinéenne célèbre son 67e anniversaire ce 1er novembre. À cette occasion, notre rédaction est allée à la rencontre des jeunes de Bambeto, l’un des quartiers les plus touchés par les répressions en temps de manifestations. Les personnes abordées se sont montrées plus déçues des forces de défense guinéennes que satisfaites.
Dans un lieu de rencontre animé de ce quartier, plusieurs jeunes discutaient de tout et de rien. Aucun de leurs sujets ne portait sur ce que représente ce 1er novembre l’armée guinéenne. D’ailleurs, selon eux, ce n’est qu’en nous voyant aborder certains d’entre eux sur ce point qu’ils se sont souvenus que les forces de défense du pays sont en fête aujourd’hui.
« C’est vous qui me rappelez que ce 1er novembre est le jour commémorant la création de l’armée de notre pays. Si j’avais oublié cette date, c’est que notre armée déçoit plus qu’elle ne satisfait. Allez au cimetière de Bambeto ! Plus de 200 victimes de cette armée, tous corps confondus (policiers, gendarmes et militaires), y sont enterrées », a-t-il réagi sous couvert d’anonymat.
Un autre jeune, assis à côté, s’est irrité à force de nous entendre constamment poser des questions sur l’armée guinéenne à notre premier interlocuteur. Alors, il a interrompu l’interview en criant en ces termes : « Degage d’ici ! On ne veut même pas entendre parler de l’armée guinéenne ici. On ne parle pas de celle qui nous opprime, nous tue et nous brutalise. »
Dans ce lieu de rencontre entre jeunes, il semble que tout sujet soit le bienvenu, sauf s’il concerne l’armée guinéenne. Un rejet que les auteurs justifient par les nombreux actes de répression perpétrés à Bambeto.
L’armée guinéenne a été créée le 1er novembre 1958, un mois après l’indépendance, proclamée le 1er octobre de la même année. Depuis, cette date est commémorée chaque année.
Oury Maci Bah pour Fatalainfos.com.









