Boké : la jeunesse monte au créneau contre le « recyclage » des anciens dirigeants

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Ce vendredi 3 avril 2026, les 15 quartiers de la commune urbaine de Boké ont été le théâtre d’une mobilisation citoyenne d’envergure. Des dizaines de jeunes ont investi la cour de la préfecture pour exprimer leur rejet catégorique de la candidature d’anciens responsables locaux aux prochaines élections législatives et communales.

 

Dans le viseur des manifestants : l’ancien maire Mamadouba Tawel Camara et plusieurs de ses proches, accusés d’avoir « verrouillé » la liste du parti Génération pour la Modernité et le Développement (GMD). Selon eux, cette liste aurait été établie « en catimini », sans consultation de la base, favorisant ainsi le retour d’anciens dirigeants au détriment du renouvellement générationnel.

Habillés en rouge et munis de pancartes revendicatives, les jeunes ont scandé des slogans sans équivoque :

« Stop aux anciens maires et députés, nous sommes au XXIe siècle ! »

« Boké mérite mieux, la jeunesse au premier rang ! »

« Non aux cadres retraités ! »

Porte-parole du mouvement, Abdourahamane Keïta n’a pas mâché ses mots. Il dénonce un bilan jugé « insuffisant » des anciens responsables :

« Nous sommes ici pour nous opposer à ces anciens dirigeants qui n’ont rien apporté à Boké. Certains ont été maires, députés ou préfets pendant plus de 20 ans, sans impact réel sur la jeunesse. Aujourd’hui encore, ils veulent barrer la route à une nouvelle génération capable de faire mieux. »

Évoquant également la question du cumul et du renouvellement, il ajoute :

« L’arbitre est déjà dans le match. Notre ex-maire, M. Tawel, s’est positionné en tête de liste de la GMD. Il a fait son temps, il ne peut pas faire le nôtre. Quant à la députation, nous entendons parler de la candidature du doyen M’bopp. C’est un cadre respecté, mais dont l’état de santé ne correspond plus aux exigences de la fonction. L’hémicycle demande de l’énergie. Qu’il accompagne plutôt la relève en tant que conseiller. »

À travers cette mobilisation, les jeunes revendiquent des listes électorales plus inclusives, représentatives des femmes et de la jeunesse. Leur ambition : rompre avec ce qu’ils qualifient de « confiscation du pouvoir local » par une élite vieillissante.

Au moment où nous mettions sous presse, une délégation de manifestants était reçue par le préfet de Boké, dans l’espoir de désamorcer une crise naissante à l’approche des échéances électorales.

Par Mohamed Abdallah Gandéka, pour Fatalainfos.com.

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