« Nourrir la Guinée par ses propres ressources » : ce n’est plus seulement un slogan, c’est une mission d’État. Le ministère de l’Agriculture a dévoilé les grandes orientations de la nouvelle campagne agricole, marquant un tournant décisif vers l’autosuffisance alimentaire.
Le Secrétaire Général du ministère de l’Agriculture, Oumar Barry, a donné le ton lors d’une conférence de presse stratégique : la Guinée passe à l’offensive. Avec 64 % de la population active engagée dans la terre, l’agriculture s’affirme plus que jamais comme le moteur de la croissance inclusive et le rempart contre la pauvreté.
Cette nouvelle feuille de route s’inscrit dans la dynamique du Programme Simandou, intégrant l’agro-industrie comme pilier central du développement socio-économique de la Transition.
Les chiffres de la saison écoulée servent de tremplin à ces nouvelles ambitions. La Guinée affiche une santé agricole insolente :
Riz : +13 % de production (plus de 1,6 million de tonnes).
Maïs : Une explosion de +33 %.
Des résultats qui témoignent de l’efficacité des investissements récents et de la résilience des producteurs locaux, véritables héros de cette transition verte.
Le 8 avril : Un coup d’envoi sur tout le territoire
Le top départ de la campagne 2026 sera donné simultanément dans les quatre régions naturelles du pays. Le point d’orgue de cet événement se situera dans la plaine de Koba (Boffa), site hautement symbolique pour la riziculture nationale.
« Nourrir la Guinée avec nos propres ressources » : un cri de ralliement qui place chaque acteur devant sa responsabilité nationale.
Moyens et Objectifs 2026-2027
Le gouvernement déploie un arsenal de soutien sans précédent :
Accompagnement humain : 1,5 million de petits producteurs épaulés et l’émergence de 100 000 agriculteurs « champions ».
Intrants massifs : * 3 000 tonnes de semences de riz (pour 43 000 hectares).
1 500 tonnes de semences de maïs.
34 000 tonnes d’engrais et un appui renforcé en produits phytosanitaires.
La stratégie ne se contente pas de distribuer des semences ; elle modernise structurellement le secteur : 🔹️Introduction d’équipements modernes pour augmenter la productivité à l’hectare.
🔹️Soutien financier ciblé : Via le Fonds de Développement Agricole (FODA), priorité est donnée au renouvellement générationnel avec 300 projets jeunes et 200 projets portés par des femmes.
🔹️Création d’un Guichet Unique de l’Agriculteur pour simplifier les démarches et digitaliser les données du secteur.
Le défi est aussi logistique. Pour que la récolte arrive dans l’assiette du consommateur, le gouvernement prévoit :
L’aménagement de 10 600 hectares de nouveaux périmètres.
La réhabilitation de 1 200 km de pistes rurales pour désenclaver les zones de production.
Un investissement massif dans le stockage et la transformation pour éradiquer les pertes post-récolte.
En clôturant son intervention, Oumar Barry a affiché une confiance inébranlable. Pour le ministère, la Guinée possède désormais le triptyque gagnant : la vision politique, les ressources naturelles et le capital humain.
Le cap est fixé, l’ambition est assumée : en 2027, la Guinée entend prouver au monde qu’elle a les moyens de sa propre dignité alimentaire.
Ba Sékou Soumah pour Fatalainfos.com.









