La famille d’Aissata Bah est sous le choc. Transportée d’urgence jeudi à l’hôpital préfectoral de Pita depuis Tangan, son village situé à plus de 50 kilomètres, la jeune mère a été négligée par le corps médical alors qu’elle devait accoucher par césarienne.
Son frère, Alpha Bah, explique que la femme enceinte a été admise à l’hôpital en mauvaise santé, sur recommandation de son médecin de Tangan, celui-là même qui suivait sa grossesse.
À l’hôpital préfectoral de Pita, il a été confirmé qu’elle ne pouvait pas accoucher par voie basse. Une intervention chirurgicale d’urgence était donc nécessaire. Mais au lieu de la conduire immédiatement au bloc opératoire, elle a été gardée dans un lit de malade de 12h à 23h.
C’est vers minuit qu’elle a finalement été envoyée au bloc opératoire, mais la césarienne n’a pas été pratiquée. Ce vendredi, à 3 heures du matin, elle a succombé à ses douleurs elle et le bébé qu’elle portait dans son ventre.
Alpha Bah estime que sa sœur a été victime d’un « défaut de porter secours à une personne en danger ». Il soutient que les médecins ont fait preuve de négligence à son égard et les tient donc responsables de son décès.
Nos tentatives pour obtenir la version des faits de l’hôpital préfectoral de Pita ont été vaines. La personne, qui a répondu, a raccroché dès que le sujet que nous souhaitions aborder a été évoqué.
Pourtant, la césarienne est officiellement gratuite en Guinée. Cependant, la mise en œuvre est loin d’être généralisée dans les hôpitaux du pays. Des femmes enceintes y décèdent fréquemment des suites de négligences médicales.
Oury Maci Bah pour Fatalainfos.com









